Ma collaboration avec Rive Droite
Photographie Lucie Sassiat pour Rive Droite

Ma collaboration avec Rive Droite

Ma collaboration avec Rive Droite

Voici enfin venue l’heure de vous dévoiler ma collaboration avec la marque de sacs responsables Rive Droite. Je suis si heureuse de voir nos deux noms associés sur une même étiquette. Il n’y a pas un détail dans ce projet qui ne me fasse pas vibrer de joie.

Photographies Lucie Sassiat pour Rive Droite

Il y aurait de quoi déprimer en ce moment. La colère gronde de tous les côtés et sur tous les continents. Un pays de la taille de l’Europe flambe sans relâche au milieu de l’Océan Indien tandis que le poumon vert brésilien n’en finit pas d’être agressé. Le président américain veut déclarer la guerre à l’Iran. Pas une mesure de l’accord de Paris n’a été appliquée pour modérer le réchauffement climatique. On s’apprête à bastonner nos cerveaux avec de la 5G par voie satellitaire alors que de nombreuses études s’inquiètent des conséquences sur notre santé. On hurle des slogans antisémites, islamophobes, misogynes et racistes à visage découvert. Quant aux scientifiques, quelle que soit leur appartenance politique, ils continuent d’agiter leurs drapeaux sans être entendus par ceux qui nous gouvernent comme si ces derniers avaient farci chacune de leurs oreilles avec une douzaine de boules Quiès… Bizarrement, je ne suis ni triste ni désespérée. Certains penseront sans doute que je suis illuminée par un optimisme illusoire. D’autres diront que je suis définitivement sectorisée. Je leur laisse ces réactions qui leur appartiennent. Ce qui compte à mes yeux est que je n’ai jamais eu autant d’énergie d’action.

Photographie Lucie Sassiat pour Rive Droite (sur cette photo, je porte un sweat MAHALA ESSENCE et je suis assise sur un tapis DE URIA)

Partout, dans tous les domaines, je vois des individus se métamorphoser. Il y a ceux qui quittent le travail qu’ils ne supportaient plus pour réaliser leurs rêves. Ces burns out salvateurs qui conduisent à une réinvention transversale. Il y a ceux qui n’avaient aucune conscience écologique (j’en faisais partie) et qui ont entièrement modifié leurs comportements. Il y a la parole des victimes qui se libère et dévoile les abus jusqu’ici kidnappés par les tout puissants. L’entraide s’organise, la sororité se déploie, les tabous deviennent des sujets abordables. La permaculture contamine les plus sceptiques et l’on commence enfin à prendre conscience de la souffrance paysanne. Et puis, il y a toutes ces entreprises qui sont en train de changer la donne. Celles qui ont déjà compris qu’on ne peut plus rien envisager comme avant. Que TOUT est à réinventer. Mon amie Laetitia Debeausse qui accompagne les marques à mettre de la conscience dans chacun de leurs choix écrivait sur Instagram il y a peu : « Et si l’entreprise était un projet de vie, autant pour ceux qui l’imaginent et la bâtissent, que pour ceux qui la composent ? L’occasion d’avoir une attitude d’entrepreneur, afin qu’elle puisse laisser la liberté à chacun de s’approprier l’énergie, l’écologie, l’économie ? La solution pour fédérer les peuples, réapprendre à vivre ensemble ? Un prétexte pour se reconnecter à soi, aux autres, et à la nature ? Un projet à grande échelle où plusieurs pays travailleraient ensemble pour les mêmes valeurs : pour l’humanité ? Un support qui met en avant la complémentarité des cultures ? Un merveilleux outil pour faire disparaitre les inégalités ? La continuité d’un projet personnel, d’un combat, d’une conviction ? L’un des moyens pour aider chacun à trouver sa place ? Et si l’enjeu majeur était d’apprendre à apprendre à vivre ensemble et à développer notre engagement citoyen ? Et si l’entreprise était une histoire de fraternité, de sororité, une histoire d’alliance et d’amour pour relever les challenges de notre époque ? ». Rive Droite fait partie de ces entreprises. Je suis sûre que les fondatrices vont dire que j’exagère en lisant mon article. Pourtant, je le crois sincèrement.

Photographies Lucie Sassiat pour Rive Droite

La première fois que j’ai entendu parler de Rive Droite, je n’ai pas compris immédiatement leur projet. Lorsque j’ai lu le portrait de cette marque et les valeurs qu’elle défend, j’ai été tellement intriguée que j’ai eu envie de rencontrer les fondatrices. Aurélie qui vit à Paris, Sophia et Yasmine qui sont installées à Casablanca ont fait la découverte au Maroc de stocks gigantesques de chutes de tissu neuf. Abandonnés par l’industrie textile qui préfère produire dans des pays où la main d’œuvre est dévalorisée, ces rouleaux de denim n’étaient pas destinés à l’upcycling mais à la destruction. Les trois créatrices en ont décidé autrement. Elles ont alors commencé à concevoir une ligne de sacs légers et solides, pliables (comme ça on peut les mettre à plat dans n’importe quelle valise ou partir faire ses courses avec son cabas plié dans un sac à main plus élégant), lavables en machine, résistants à toutes les maltraitances de la vie quotidienne. Pour les fabriquer, impossible d’embaucher un grand nombre d’employés : les charges des coûts fixes auraient été trop élevées. Elles ont alors eu une autre idée : aider les Marocains au chômage à se réinsérer en leur apprenant à monter leur propre micro-structure. Cette solution leur permet de garder une grande souplesse lorsqu’elles ont moins de commandes. Elle autorise aussi les couturiers et les couturières à travailler pour d’autres. Au lieu d’une grande usine avec une hiérarchie pyramidale, on assiste donc à l’émergence d’une multitude de petits ateliers indépendants. Au fil des années, Sophia et Yasmine ont tissé un réseau hallucinant qui leur permet de sourcer et de racheter tout ce qui peut participer à la création de leurs sacs. Leur objectif : ne produire aucune nouvelle matière première puisqu’on a déjà tant de déchets dont on ne sait plus quoi faire.

Photographies Lucie Sassiat pour Rive Droite (le col marine vient de LINNEA LUND)

Autant vous dire qu’on avait mille choses à se raconter lorsqu’on s’est vu pour la première fois. La pause thé qu’on avait initialement prévue s’est transformée en trois heures de rigolade et d’enthousiasme partagée. Elles m’ont présenté leur collection. J’étais surprise de ne pas voir de sac de yoga. Elles m’ont alors demandé de le créer. J’ai donc crash-testé toutes les formes et les tailles au fil de mes cours ces derniers mois. Je voulais un sac solide pour les personnes aussi peu précautionneuses que moi dans lequel je puisse glisser mon tapis ET mes affaires (ma couverture, mon support de méditation, des vêtements de change…). J’avoue que je ne comprends le concept de « sac à tapis » dans lequel on ne peut rien ranger d’autre. Je voulais aussi une anse suffisamment large pour y faire passer les manches de mon gros bombardier et pour qu’il tienne droit sur une épaule, comme un baluchon bien calé le long de mon dos. Pas de bandoulière car elles scient le dos en diagonale et vu la longueur du sac, ça n’aurait pas été pratique sur les trottoirs étroits. Deux couleurs, kaki et rose pâle, pas d’imprimé intérieur. Ultra simple ! Le sac est brodé de mon logo sur la tranche. Logo dessiné par mon mari Bastien Coulon pour ce blog. Tous ces détails me mettent en joie.

Photographie Lucie Sassiat pour Rive Droite

Quant à la trousse zippée, elle servira sans doute à ranger tous les petits objets des sportives qui courent d’un studio au bureau. Je l’ai aussi pensée comme une housse à support de méditation. Les briques (souvent en PVC parfois en liège) ne sont jamais nettoyées. Tout le monde transpire pourtant beaucoup dans les salles et on colle ses mains un peu partout. J’avais envie d’une housse en coton lavable en machine. Et puis si on n’a pas de support, il suffit de remplir cette trousse avec un pull bien roulé à l’intérieur et vous aurez un coussin d’appoint très agréable. La trousse est étiquetée d’un mantra que j’adore : « I love my body. My body is a beautiful creation. A creation of love. » Un petit rappel nécessaire à se chanter matin, midi et soir !

Photographie Lucie Sassiat pour Rive Droite

Le sac est vendu 80 euros, la trousse 45 euros. Les préventes sont ouvertes dès ce soir à 21h sur le site Rive Droite. La collection sera lancée le 14 janvier 2020. On a produit en petite quantité, non pas pour animer la culture du manque (j’ai horreur de ça) mais juste parce que Rive Droite est une jeune marque et que de mon côté je n’ai pas la notoriété de Kim Kardashian. J’espère que ça vous plaira. Je me réjouis de penser à tous ces sacs fabriqués avec du tissu qui aurait pu finir brûlé polluant la planète avec la fumée, à toutes les mains qui ont œuvré pour les fabriquer et à ces trois créatrices qui ont vraiment compris l’urgence de leur époque et qui n’ont qu’une seule envie: faire mieux.