Les nouveaux modèles de ma collaboration avec Rive Droite
Photographie Lucie Sassiat pour Rive Droite

Les nouveaux modèles de ma collaboration avec Rive Droite

Les nouveaux modèles de ma collaboration avec Rive Droite

Il y a une croyance très répandue qui distingue le travail de la joie. On apprend dès le plus jeune âge qu’il y a un temps pour le jeu et un autre pour les devoirs, qu’il existe la semaine où les parents sont occupés par ce qui leur permet de gagner de l’argent avec sérieux et le weekend où ils ont enfin la possibilité de partager des moments de détente. Ce programme de croyances est encore très actif si l’on en croit le hashtag #tgif (thank god it’s Friday) que les internautes publient le vendredi soir pour célébrer le début du weekend comme si la semaine avait été un long supplice… Sans parler de toutes les photos désespérées qui accompagnent les « Monday Mood ».

Photographie Lucie Sassiat prise dans une chambre de l’hôtel Ballu, mon QG où je donne tous mes rendez-vous

Depuis que je suis devenue prof de kundalini yoga et que je fais exactement ce que j’aime, je ne perçois plus de séparation vibratoire entre le temps de travail et les moments « off ». Et comme j’ai changé de prisme, je ne cesse de rencontrer des personnes qui ont la même façon de vivre le travail que moi. C’est ce qu’on appelle la loi de résonnance. C’est probablement cette loi universelle qui m’a permis de rencontrer Yasmine et Sofia Buron ainsi qu’Aurélie Jansem toutes trois créatrices de la marque de bagagerie éthique Rive Droite. Ces trois amies (Yasmine et Sofia sont sœurs) avaient des jobs très différents avant de se lancer dans cette aventure entrepreneuriale. Aujourd’hui, elles commercialisent la ligne de sacs dont elles rêvaient, fabriqués et cousus dans une toile upcyclée (un tissu qui n’a pas été tissée spécialement pour elles mais qu’elles rachètent à l’industrie textile qui ne sait plus quoi faire de ces fins de stocks à peur les brûler, et qu’elles améliorent, teintent et transforment à leur goût) par des artisans marocains.

Photographie Lucie Sassiat: on l’a rempli à fond pour que vous voyez le volume mais il parait beaucoup plus discret dans la vraie vie

Dès les débuts de leur petite société, elles voulaient garder de la flexibilité et de l’aisance. Pas question de se retrouver à nouveau étouffées par l’hyper productivité. Plutôt que de faire appel à une usine qui leur aurait exigé de commander un nombre exponentiel de modèles, elles ont choisi de former des couturiers indépendants. Sofia et Yasmine étant installés au Maroc, elles ont remarqué que de nombreux artisans au chômage ne savaient pas comment redémarrer leur activité en freelance. Elles les ont donc aidés à retrouver de l’autonomie, à créer un statut d’auto-entrepreneur et ont commencé à produire de petites séries de bagage dans leur toile upcyclée. Ce modèle économique né de leur désir nourrit aujourd’hui leur force : elles disposent d’une grande souplesse et peuvent ainsi s’adapter à toutes les situations.

Photographie Lucie Sassiat: si vous saviez tout ce que je trimballe dans mon sac :-)…

Pendant le confinement, elles se sont d’ailleurs beaucoup inquiétées pour les artisans marocains qui co-créent avec elles : alors que le gouvernement français s’engageait à venir en aide aux entreprises de la nation, le trio s’est demandé ce qui allait se passer pour leurs couturiers indépendants qui ne disposaient pas des mêmes protections. Sans commandes de leur part, ils risquaient de se retrouver dans une situation critique. Sofia et Yasmine étaient confinées au Maroc où elles vivent à l’année, tandis qu’Aurélie était à Paris avec les dernières collections fraichement envoyées avant le début de la crise. Il a fallu faire preuve d’inventivité. Elles ont été incroyables ! Elles ont compris qu’il fallait demander l’avis de leur communauté, respecter les choix individuels de leurs clients : ceux qui ne voulaient rien recevoir de non indispensable chez eux pendant la durée du confinement et ceux qui au contraire étaient ravis de commander un peu de normalité à l’instar des femmes enceintes en pleine préparation de leur bagage pour la maternité. Elles ont demandé à toute leur tribu de copains d’envoyer des vidéos anti déprime pendant le confinement qu’elles ont montées et partagées sur leur compte Instagram. Et elles ont réussi à continuer à vibrer de la joie dans une situation délicate.

Photographie Lucie Sassiat (je porte des talons une fois par an tout au plus, la plupart du temps si vous me croisez dans Paris, je suis en baskets ou en Birkenstock, soyons honnête 🙂

Je crois que cette joie si présente est directement liée au sens qu’elles mettent dans leur activité. Bien sûr, il s’agit d’une entreprise commerciale. Mais elle est d’abord définie par des valeurs fortes. Elles ont conscience qu’on ne peut plus rien entreprendre sans réfléchir à l’impact sur le vivant. Elles agissent en conscience et soignent les moindres détails : il n’y a, par exemple, aucun blister (plastique) autour de leurs sacs lorsqu’on les reçoit chez soi. Elles ont fait le choix de fabriquer un pochon en tissu plus coûteux que du plastique (c’est obligatoire pour protéger leurs produits des salissures pendant le transport) qu’elles nous invitent à recycler en pochon de voyage pour ranger sa lingerie ou autre. Elles ont à cœur de recycler et de transformer les tissus existants qu’elles sélectionnent avec soin afin qu’ils répondent à leurs exigences de durabilité : leurs bagages sont archi-résistants ! Elles savent que tout est en mouvement permanent et qu’elles ne peuvent plus se contenter des vieilles recettes. C’est pourquoi elles ont imaginé ce modèle qui respectent les hommes et les femmes qui collaborent avec elles et leur permet de travailler pour d’autres marques que la leur. Enfin, elles s’amusent et ne se prennent jamais au sérieux.

Photographie Lucie Sassiat

Nous avons co-créé un sac de yoga qui a été lancé en janvier 2020. On avait édité une petite quantité de sacs kaki et de modèles rose poudré, pensant qu’ils n’intéressaient que les yogis. Dès la première semaine, elles ont dû relancer une production tant ce sac répondait aux attentes de leur clientèle. Je voulais qu’il soit suffisamment grand pour contenir un tapis de yoga dans la longueur mais aussi toutes les affaires dont on a besoin quand on part en cours : un coussin de méditation, un plaid, des affaires de rechange. J’y glisse toute ma quincaillerie de yogini : mon enceinte pour donner mes cours, mes livres avec les kriyas du jour, un oracle, mon koshi pour réveiller mes élèves à la fin de la relaxation ainsi que ma trousse assortie. Cette pochette a la taille d’une brique de yoga parce que je trouve désagréable de m’assoir sur du PVC lorsque c’est la seule matière proposée dans les salles de yoga. Il suffit de la zipper autour de la brique et on a les fesses posées sur du coton. Elle est grande et je m’en sers de trousse de toilette quand je me déplace, de mini sac à main au quotidien, de grand porte-monnaie… Sur l’étiquette, on peut lire un message soufflé par l’un de mes guides qui m’a transmis ce mantra : « I love my body, my body is a beautiful creation, a creation of love ». Sur la tranche du sac, on retrouve mon logo brodé, entrelacement de mes initiales et dessiné par mon mari Bastien Coulon bien avant que je ne me lance dans le yoga : un logo prophétique puisqu’il ressemble à la fleur de lotus qui symbolise le 4e chakra anahata – un cœur qui s’ouvre.

Photographie Lucie Sassiat

Ce sac comme la pochette existent désormais en bleu indigo et en jaune safran. Les deux autres couleurs sont à nouveau disponibles. Voir des élèves le porter cet été pendant des retraites ou des formations me remplit de joie car je sais toutes les valeurs qu’il porte en lui : l’amitié du trio et leur joie à créer, nos crises de fou rire pendant les shootings et les réunions de travail, les mains des femmes et des hommes au Maroc qui sont sortis de l’inactivité et ont réussi à créer un atelier indépendant grâce à Rive Droite, le respect de la planète avec cette toile upcyclée et tout le gâchis ainsi évité… Son prix est consciemment élaboré :  si vous le comparez à un sac produit dans un sweat shop à l’autre bout du monde, dans un tissu fabriqué pour l’occasion (plus facile à dénicher que ces anciens stocks que le trio rachète à l’industrie textile) et emballé dans du plastique, il risque de vous paraitre cher (80 euros le sac, 45 euros la pochette). Si l’on réfléchit à la chaine de valeurs qu’il honore, le tarif est plus facile à comprendre.

Photographie Lucie Sassiat (ma bague félin est d’Anna Rivka)

Pour en savoir plus sur Rive Droite, leur histoire et leurs autres modèles, allez voir leur site par ici. Quant aux nouveaux modèles de notre collaboration, certains sont déjà en rupture de stock mais en cours de réapprovisionnement (livraisons à partir du 5 novembre) ! Merci pour votre enthousiasme qui me donne tant d’énergie !

Photographie Lucie Sassiat