Accueillir le vide
Photographie Lili Barbery-Coulon

Accueillir le vide

Accueillir le vide

Alors que je viens juste de terminer un cycle de méditation réjouissant sur l’abondance, je m’apprête à entamer une autre forme d’exploration: celle du vide. La peur du manque, la peur du vertige des émotions, la peur de tout ce qui nous est inconfortable, nous conduisent à remplir tous les espaces vacants. Peut-on, à l’approche du solstice d’hiver, s’offrir une autre proposition? Une autre expérience…

de l’abondance au besoin de vide

En novembre, j’ai eu la chance d’être invitée dans un groupe de méditation via Whatsapp par l’un de mes amis yogis. Il a réuni des membres de sa famille et quelques amis proches pour entamer ensemble un cycle de 21 jours sur le thème de l’abondance par Deepak Chopra (essayez de trouver le programme en anglais, la traduction française n’est pas très agréable). J’ai entamé ce challenge avec enthousiasme car j’adore la personne qui m’a incluse dans ce groupe mais aussi quelques doutes. D’abord, je ne ressentais pas vraiment le besoin de travailler sur l’abondance. J’ai déjà conscience que l’argent est une énergie liée à ce qu’on est prêt à donner et à recevoir. Je me sentais déjà abondante de richesse puisque je ne me manque de rien sur le plan matériel, d’amour et de santé avant de démarrer ce cycle. J’avais même la prétention de croire que les méditations en kundalini yoga sur ce thème m’avaient déjà emmenée très loin … Ha ha ha, l’ego est toujours prêt à grimper en haut du podium dès qu’une occasion se manifeste. Enfin, même si Deepak Chopra est mondialement connu, je dois avouer que je n’ai jamais lu un seuls de ses best-sellers et que je l’avais rangé brièvement dans une case de mon cerveau labellisé avec mépris « gourous pour américains privilégiés ». C’est donc sans attente particulière que j’ai commencé ce cycle de méditation. Un mois plus tard, je me sens pleine de gratitude pour cette expérience. Pour mon ami Phebus qui a pensé à m’inclure dans ce groupe. Pour tous ceux qui ont participé activement à cette expérience avec moi. Mais aussi pour le groupe que j’ai créé à mon tour et que j’ai animé ces trois dernières semaines. J’ai soigneusement fait les exercices de développement personnel comme les méditations audio guidées chaque jour. J’en ressors avec des prises de conscience magiques, sur moi et sur le monde qui m’entoure. Une vibration d’amour démultipliée et une certitude : je ne sais pas ce qui m’attend mais mon potentiel est illimité.

Photographie Lili Barbery-Coulon, dans le désert d’Agafay au Maroc

vider sa tête, vider ses émotions oubliées

Au cours de ce mois sur l’abondance, j’ai entrepris un vaste chantier de comptabilité. Je n’ai pas arrêté de payer des factures qui attendaient. J’ai aussi allégé mon esprit d’un grand nombre de tâches que je repoussais comme cet implant dentaire dans lequel je ne voulais pas investir d’argent, l’achat de lampes pour mon bureau, la souscription à des logiciels pour me simplifier le quotidien… J’ai aussi identifié de nouveaux blocages à l’intérieur de blocages que j’avais déjà pourtant bien travaillés (l’oignon n’a jamais fini d’être épluché) alors qu’ils n’avaient apparemment rien à voir avec le travail sur l’abondance. J’ai ainsi réussi à délimiter une sensation corporelle bien nette, un inconfort sous le diaphragme, avec laquelle je vais travailler en méditation pendant tout le mois de décembre. Ce message corporel est issu d’un vieux souvenir que j’avais occulté, en partie, et auquel je m’efforçais de ne pas penser lorsqu’il émergeait à la surface tant l’inconfort était palpable. Lorsqu’on moissonne un tel nœud, dans mon yoga, on ne peut s’empêcher de s’écrier : « Wahe Guru ». C’est un cri d’extase (wahe = wow) pour célébrer la prise de conscience, de l’ombre (gu) vers la lumière (ru). L’émotion qui est reliée à la sensation corporelle et au souvenir ne m’est pas inconnue. Je l’ai beaucoup vibrée quand j’étais petite et j’ai tout fait pour éviter d’avoir à la ressentir à nouveau. Il s’agit de la honte qui n’est jamais bien éloignée de la culpabilité.

faire de la place à l’intérieur

A la fin de ce cycle de 21 jours, une évidence m’est apparue : après avoir vibré l’abondance dans toutes mes cellules, j’ai besoin d’apprivoiser pleinement le vide. Je sais que je ne vais pas pouvoir contourner le message que j’ai harponné au cours du mois de novembre. Cet inconfort qui s’est manifesté furtivement à la remontée du souvenir enfoui exige de moi que je prenne le temps de l’observer. Sans détour. Sans béquille. Sans stratégie de divertissement. Or, le mois de décembre se prête à l’immersion dans mes propres abysses. La nuit s’allonge, la terre continue à s’incliner de telle sorte que le soleil semble disparaitre un peu plus chaque jour. Alors que je réfléchissais à la manière de travailler sur cette notion de vide intérieur, l’un de mes professeurs de kundalini yoga nous a récemment parlé de la nécessité d’accepter, en cette fin d’année, de laisser partir ce qui est terminé et d’accueillir la notion de « nothingness », de “zéro”, de « shuniya ». Quasi simultanément, j’ai reçu la dernière newsletter de mon amie Joanna Bonnaud Chalum intitulée « Apprivoiser le vide ». Joanna est une psychothérapeute formée à la Gestalt Thérapie. Elle est aussi formée à l’enseignement du kundalini yoga. Cette française installée à Barcelone suit de nombreux patients français via Skype. C’est une femme extraordinaire dotée d’une qualité d’écoute rare et d’un système sensoriel éveillé. Vous pouvez lire le texte qu’elle a envoyé dans sa newsletter sur son site, juste ici. La synchronicité de mon besoin avec le partage de mon professeur, l’article de Joanna et la saison en cours a réaffirmé mon engagement à accueillir le vide. Mais comment faire ?

Photographie Lili Barbery-Coulon

Le journal du vide

De la même manière que j’ai tenu un cahier de l’abondance pendant 21 jours, je vais ouvrir un nouveau journal, cette fois dédiée à ma sensation de vide. Qu’est-ce que le vide ? Comment est-ce qu’il se manifeste en moi ? Me fait-il peur ? A quoi me renvoie-t-il ? Où se loge-t-il dans mon corps ? Quelles émotions est-ce qu’il m’évoque ? Quels sont les mécanismes compensateurs que je mets en place lorsqu’il émerge ? Je peux déjà répondre à certaines de ces questions. Mais je sais que mes réponses seront totalement différentes dans un mois, juste en m’engageant à observer à la loupe. Ce cahier sera aussi le support pour noter tout ce qui me traverse et qui n’est pas forcément lié. C’est souvent dans ce qu’on croit être hors-sujet qu’on trouve une matière brute à modeler. J’anticipe une question qui revient souvent dans nos échanges : quand faut-il écrire ? Quand on peut. Idéalement le matin après la méditation. Mais parfois, j’écrirai le soir, le midi ou juste avant d’aller me coucher. Je ferai comme je peux. L’essentiel est d’y consacrer chaque jour un peu de temps.

Le vide et la libération des attachements

Nous nous apprêtons à changer de saison et à changer d’année. Les jours vont commencer à se rallonger juste après le solstice d’hiver (cette année il aura lieu le 22 décembre à l’aube). Autant de raisons de faire de la place pour accueillir le renouveau. Pour ouvrir ses bras à ce qui est orchestré pour nous, on ne peut rester accroché à ce qui n’est plus. Faire le vide, c’est laisser partir les cordes qui nous rattachent aux expériences douloureuses passées avec lesquelles nous nous identifions tellement que nous ne cessons de les réactiver dans le présent. J’ai longtemps cru que mes souffrances révolues définissaient mon essence. Qu’elles me rendaient unique. Singulière. J’étais et je suis encore agrippée à une partie d’entre elles. Joanna Bonnaud aime observer les mouvements des bébés car ils nous apprennent beaucoup sur les automatismes que nous développons au fil des années. Regardez comme ils aiment agripper leurs menottes aux hochets. Probablement, dit-elle, parce qu’ils ont du se jeter dans le vide en sortant du ventre de leur mère, sans savoir ce qui les attendait. Pourtant, dès lors que l’objet de leur attachement ne les intéresse plus, ils le relâchent sans difficulté. Observez leur sérénité lorsqu’ils abandonnent totalement leur corps au sommeil. Mais si l’on accepte de relâcher nos expériences, alors que nous reste-t-il ? Si nous ne sommes pas notre passé, qui sommes-nous? C’est dans ce vide absolu que nous pouvons le découvrir. C’est effrayant et vertigineux car on imagine le vide comme l’opposé du plein. Un creux béant dans lequel on risque de s’éteindre et de mourir. C’est ainsi qu’on se le figure sur le plan matériel. Pourtant, lorsqu’on atteint, via la méditation, des zones de conscience modifiée, on s’aperçoit que le vide n’était qu’une illusion. Dans l’expérience du vide, ce n’est pas le néant que l’on rencontre. Le vide est rempli de sensations. Elles peuvent être aussi inconfortables que la faim et c’est pile à cet endroit qu’il est intéressant de rester pour observer et traverser. On n’arrache pas ses attachements comme on déterrerait une mauvaise herbe en tirant comme une brute sur la racine. On reste là à regarder, sans bouger, sans désir ni intention, juste avec son souffle. On s’imagine que l’inconfort va être insoutenable. Il se produit alors un miracle : le bliss surgit. J’ai souvent fait l’expérience de ce vide transformateur pendant des kriyas (sets de postures) et méditations très intenses en kundalini yoga. Mais je pense que tous les randonneurs l’ont déjà vécu aussi : ce moment où l’on croit que le corps physique va céder, que les pieds ne peuvent plus avancer… et puis, alors qu’on ne s’en pensait plus capable, la marche continue et nous mène au-delà d’une nouvelle montagne, jusqu’au sommet où la béatitude du panorama nous embarque le cœur.

Photographie Lili Barbery-Coulon

A contre-courant du collectif

Se plonger dans le vide alors que la société de consommation vit ses journées les plus intenses de l’année est une expérience vraiment intéressante. Le vide est l’inverse de l’accumulation. Or, il est essentiel de se rappeler que nous ne sommes obligés de rien, contrairement à ce que le matraquage extérieur nous répète à longueur de journée. Nous ne sommes pas obligés d’acheter des cadeaux qui ne nous plaisent pas pour des personnes à qui nous n’avons pas réellement envie de faire plaisir. Nous ne sommes pas obligés de travailler comme des forcenés pour avoir les moyens de nous offrir des choses coûteuses qui impressionneront des personnes qui ne savent rien de nous, ou pire, que nous détestons. Même si la pression de Noël est forte, nous pouvons décider de faire différemment. Je ne suis pas contre le fait de se faire des cadeaux, de donner et de recevoir. Je me souviens juste de nombreuses noëls où je me suis sentie forcée de dépenser de l’argent que je n’avais pas dans des objets qui ne m’inspiraient pas, espérant faire plaisir et tombant complètement à côté, me sentant déçue par les réactions récoltées à l’ouverture et déçue également par les présents qui m’étaient destinés. Je me souviens qu’en errant à la recherche de cadeaux pour les autres, je finissais par claquer tout mon salaire dans des objets pour moi afin de combler le vide émotionnel que Noël faisait surgir en moi. Je n’avais pas assez. Je n’étais pas assez… Il est possible de nager dans une autre direction que celle qui nous est proposée. De ne pas se gaver comme des oies parce que ce serait le signe de fêtes réussies ou d’une richesse illusoire. Une autre voie est possible, à nous de dessiner ce chemin inédit qui nous ressemblera vraiment.

Vidons, vidons, vidons

Sans vide, sans creux, la terre compacte ne respire plus. Elle n’est plus fertile. C’est pour cela que lorsqu’on la cultive, on doit l’aérer, l’oxygéner. Je pense souvent à cette image de jardin mis à nu : laissez la nature reprendre ses droits dans un espace qui a été complètement désherbé et vous verrez que le vide n’était qu’une illusion : en quelques mois et sans rien faire, le terrain sera recouvert à nouveau de vert foisonnant. Si l’on n’est pas encore capable de relâcher ses attachements énergétiques dans l’invisible, on peut travailler le vide dans la matière sur le plan tridimensionnel. “C’est ce qu’on appelle le vide fertile, explique Joanna Bonnaud. On ne peut construire sur du plein, sur du trop, sur du stress négatif, sur de l’épuisement, sur de l’agitation. Le vide fertile est indispensable pour passer du mode « survie » (je gère tout ce qui m’arrive au fil de l’eau, je répète toujours les mêmes scénarios) au mode « vie » (je choisis de créer un environnement favorable à mon développement personnel, professionnel, social, spirituel). Cela implique de résister à cette pression du remplissage, de la consommation, de l’hyper sollicitation, de l’instantanéité et peut réveiller une forme d’angoisse face justement à ce vide. En fait, cette angoisse est un indicateur très positif que vous approchez ce vide. Mais la plupart veulent se dispenser de ressentir cette peur face à soi et….. remplissent leur emploi du temps. Cela porte un nom : faire soi-même son propre malheur. Est-ce que la terre est angoissée lorsque les tomates ont été récoltées ? Non : elle attend tranquillement de se régénérer pour une future récolte.” Profitons de cette exploration du vide pour ranger et trier le lieu où l’on vit. Il suffit de repérer les zones de son intérieur où l’on a accumulé, amassé, collectionné. Les étagères ensevelies et les placards qui débordent. Sans vide, pas de place pour le renouveau. Videz, offrez, donnez. C’est le bon moment pour offrir les jouets neufs et non utilisés à des associations qui ont besoin de faire plaisir aux enfants, de donner les vêtements chauds que vous ne portez pas, de libérer votre bibliothèque de tous ces ouvrages qui ne vous intéressent plus ou bien que vous ne lirez jamais. J’ai pour ma part un léger problème avec le thé. Je n’en bois plus et pourtant j’en garde toujours dans l’éventualité où un.e ami.e de passage aurait envie d’en boire. Résultat j’en garde tant de variétés que je ne trouve jamais mes infusions de plantes et d’épices noyées dans ce bazar. Je vais m’atteler à Marie-Kondoïsé quelques espaces laissés à l’abandon, ici et là. Une de mes amies qui espérer rencontrer un amoureux a un jour fait de la place dans son armoire en vidant quelques étagères. L’homme qu’elle espérait n’a pas tardé à arriver dans sa vie. Elle avait préparé de l’espace pour lui. Ca marche de la même manière avec le travail. En tous cas, c’est exactement ce que j’ai expérimenté l’an dernier : c’est en disant non à ce qui ne me convenait plus que j’ai pu créer de l’espace pour ce qui me donne de la joie. Une autre expérience jouissive: videz entièrement votre agenda une journée de décembre. Eliminez un à un tous vos rendez-vous et autorisez-vous à ne rien faire. Observez la culpabilité si elle remonte. L’angoisse de ne pas réussir à tout faire dans les temps. La peur de décevoir: le vide est rempli de messages précieux.

Photographie Lili Barbery-Coulon

Le vide, l’addiction et la compensation

On a tellement peur du vide qu’on développe des facultés de remplissage phénoménales. Il suffit de regarder nos agendas surchargés, nos activités démultipliées, notre façon de nous alimenter, d’acheter à outrance, de vivre notre sexualité, de concevoir nos relations amicales ou amoureuses, nos consommations excessives en tout genre. Travailler sur le vide c’est prendre conscience de tous les moments où nous détournons notre attention de ce qui nous terrorise. Dans une société qui cultive constamment le manque et nous pousse à le compenser de toutes les manières possibles, expérimenter le vide n’est pas aisé. Le jeûne comme le silence peuvent nous permettre de vivre le manque dans le corps. Attention : on ne se lance pas dans un jeûne sans accompagnement si l’on n’en a jamais fait et certainement pas en pleine semaine de travail dans un environnement urbain. Il faut prévoir une descente alimentaire et une remontée douce. Si vous avez dans l’idée que le jeûne pourrait vous aider à maigrir, surtout ne le faites pas ! Il s’agit d’une expérience spirituelle, pas d’une technique pour mincir (d’autant que ça ne marche absolument pas pour ça. Pire : si vous avez eu ou si vous avez encore des troubles du comportement alimentaire, le jeûne risque de provoquer de nouvelles compulsions !). L’expérience du silence est magnifique et très reposante. Confrontante pour certains. En ce qui me concerne, je suis si bavarde que le silence m’est toujours d’un grand repos. Là encore, il vous faudra vous organiser pour vivre une ou plusieurs journées en silence. Choisissez plutôt un weekend de solitude pour tenter l’expérience. Et qui dit silence, dit pas de téléphone ni de réseaux sociaux… Le vide total ! Gardez votre cahier à proximité pour noter vos impressions. D’ailleurs, si l’on n’est pas encore prêt à expérimenter le silence, on peut décider de se priver d’écrans (télévision, tablette, téléphone, ordinateur) pendant une journée complète. Pour la plupart d’entre nous, l’épreuve parait olympique.

Méditer avec le vide

Il existe de nombreuses méditations pour faire l’expérience du vide, rester dans l’observation de ce qu’il évoque en nous, abandonner toutes les identités que nous nous sommes créées et atteindre un espace de « non-existence ». Il n’y a plus rien. Ni corps physique. Ni mental. Juste la respiration. Yogi Bhajan dont on trouve encore beaucoup de vidéos sur cet état de « shuniya » est connu pour une méditation audio incroyablement puissante : « I have no body. I have no mind. I have no spirit. I’m just the breath of god. A breath of life. A breath of god ». Je n’arrive pas à vous trouver un lien internet pour l’écouter. Mais ce n’est pas le seul mantra qui existe. Tapez Shuniya et vous trouverez de nombreuses méditations à tester pour vous réconcilier avec le vide et y puiser votre essence divine. « Shuniya means zero. The moment you become zero, then all powers will prevail through you » disait Yogi Bhajan. Tous les kriyas (sets de posture) qui accompagnent les processus d’élimination (en visant les organes d’élimination) ou qui équilibrent prana (la force de vie qui correspond à l’inspiration) et apana (la force d’élimination qui correspond à l’expiration) seront d’une grande ressource dans ce processus. Ce mois-ci, dans mes cours, nous allons travailler le mantra « Prana, Apana, Shushumna Hari ; Hari Har, Hari Har, Hari Har, Hari ». Il se chante trois fois sur une expiration complète jusqu’à ce qu’on ait les poumons absolument vides. Puis on reprend une longue inspiration et l’on se remet à chanter le mantra trois fois d’affilée. J’aime beaucoup la version de Simrit que vous pourrez écouter ici mais il en existe bien d’autres. A vous de fouiller les internets à la recherche de celle qui vous plaira le plus. Répétez le mantra pendant plusieurs minutes d’affilée et si possible (5, 7 ou 11 minutes), pendant tout votre cycle d’exploration du vide. Il recèle un grand pouvoir de guérison.

Photographie Lili Barbery-Coulon

Derrière l’illusion du vide, le bliss

Plus on se réconcilie avec ses ombres, plus on met à jour ce que nous avions bâillonné, moins on ressent la peur du vide et du manque. Tout ce temps où l’on cherchait à les combler, on n’avait pas conscience qu’il ne s’agissait que d’illusions. Une fois qu’on est prêt à les traverser, le bliss apparait : on se sent connecté à l’illimité en nous.  Il n’y a plus d’angoisses ni de regrets. Juste du pardon et de la béatitude. Pour certains, le processus est très rapide. Pour d’autres, dont je fais partie, c’est plus lent. Peu importe la durée. Il n’y a pas de compétition ni de jugement à émettre. L’important est de choisir d’entamer ce chemin le cœur ouvert. Le meilleur est devant moi, j’en suis persuadée… J’en ai même fait l’expérience physique il y a peu : sauter en arrière d’un étage alors qu’un groupe était là pour me réceptionner au sol. Terrifiant et magique. Alors qui veut sauter avec moi en parachute ?