le changement et l’entourage
Photographie Lili Barbery-Coulon. se sentir soutenu.e dans les changements essentiels qui s'opèrent en nous, c'est tellement important!

le changement et l’entourage

le changement et l’entourage

Comment concilier de grands changements personnels avec son entourage ? Comment se détacher de ceux qui nous limitent et ralentissent notre chemin vers le soi véritable? Peut-on échapper au jugement extérieur ? Et que faire de nos réactions? Autant de questions initiées par un échange privé sur Instagram…

photographie Lili barbery-coulon

Le chemin spirituel et l’entourage proche

Il y a quelques jours, une de mes abonnées sur Instagram m’a demandé si le chemin spirituel que j’ai emprunté m’a éloignée de mon entourage. Cette question revient souvent. On me demande aussi comment réagissent mes proches à tous mes changements de mode de vie. J’ai la chance de partager ma vie avec un homme ouvert et curieux. Il n’a pas d’activité spirituelle – bien que sa peinture le soit complètement – mais il m’a toujours soutenue dans mes choix. Il lui faut parfois un peu de temps pour être rassuré sur mes expériences “frapadingues”. Mais comme il voit que le chemin emprunté m’apporte beaucoup de sérénité, de créativité, de recul mais surtout de joie, ses doutes concernant ma pratique assidue du yoga ou mon lifestyle alimentaire se dissipent au fil du temps. Il perçoit même les bénéfices de cette métamorphose sur lui et sur notre famille : forcément, lorsqu’on change, tout change autour de soi. Pour ma fille qui entre progressivement dans l’adolescence et donc dans une forme légère de rébellion face à l’autorité parentale, c’est différent. Néanmoins : une chose est sûre : elle ne regrette pas l’hystérie qui régnait à la maison il y a encore trois ans quand je bossais non-stop et que je répétais en sanglotant : « Je ne vais pas y arriver, j’ai trop de choses à faire, je vais craquer ». Quant à mon cercle d’amis proches, il me soutient et reste curieux. Certains viennent même assidument aux cours de yoga que je donne. Parfois, mes choix et mes prises de position agacent et j’essaie de ne pas le prendre personnellement (l’un des quatre accords toltèques). Si je me sens heurtée, alors c’est à moi de travailler sur le nœud caché derrière ma réaction. Tant que la discussion est possible, on peut avancer ensemble. Il y a en revanche des connaissances ou des amis lointains avec qui j’ai pris mes distances. Sans vraiment le décider, sans rupture franche ni drame. On n’a plus vraiment les mêmes centres d’intérêt donc ça s’est fait tout seul. La direction dans laquelle j’avance leur semble vide de sens ou ridicule. Je ne me sens pas concernée par leur jugement et je ne me sens ni inférieure ni supérieure à eux. J’essaie juste de faire ce qui sonne juste pour moi et c’est déjà suffisamment difficile pour ne pas me questionner en plus sur ce qu’en pensent les autres. Naturellement, on fait du vide. Et comme dans la nature, l’espace resté vacant se remplit très rapidement. Ces derniers mois, j’ai rencontré des personnes incroyables qui m’inspirent et me poussent dans mon alignement. Et je me réjouis de toutes ces surprises que la vie réserve et de la loi d’attraction qui fonctionne si bien.

Photographie Lili Barbery-Coulon. Qui allez-vous mettre sur ce bateau?

Une méditation formidable pour souhaiter le meilleur à ceux dont on s’est éloigné

En octobre, le guide qui a dirigé ma formation à l’enseignement du kundalini yoga m’a proposé une méditation que je partage aujourd’hui avec vous. Elle est très efficace si vous êtes en pleine métamorphose et que vous ressentez le besoin de vous libérer des attachements que vous avez encore pour des relations qui ne vous permettent pas de grandir. Vous vous souvenez peut-être de ce que Marie Kondo préconise dans son livre sur le rangement lorsqu’il faut se séparer d’un objet qui ne nous donne plus de joie ? On le remercie pour tout ce qu’il nous a apporté et on accepte ainsi de s’en séparer sans culpabilité. C’est plus facile avec un objet qu’avec une personne, je vous l’accorde, mais le principe reste le même. Même les relations les plus conflictuelles nous permettent de faire de grands pas vers nous-mêmes si l’on veut bien en tirer un enseignement. Donc, voici la méditation. Asseyez-vous en tailleur sur un support (coussin ou brique), la colonne bien droite, les épaules relâchées, la nuque droite, la concentration au troisième œil (les yeux fermés et tournés vers le point entre les deux sourcils). Imaginez que vous êtes sur un quai, au bord d’une rivière, d’une mer ou d’un océan. Visualisez un bateau devant vous. A présent, faites monter à bord toutes les personnes qui desservent votre conscience supérieure ou amplifient vos limitations. Dites-leur au revoir en leur faisant de grands signes avec les bras (un geste dynamique) tout en chantant le mantra « Lokah Samastah Sukhino Bhavantu » : Que tous les êtres trouvent le bonheur et la paix. Souhaitez à chacun le meilleur en le remerciant. Installez-vous dans l’espace du cœur et connectez-vous à votre compassion. Chantez en leur dédiant le meilleur. Choisissez une version bien rythmée du mantra pour vous accompagner, il en existe une tonne sur YouTube ou en version digitale à télécharger. Faites cette méditation pendant 5, 7 ou 11minutes. Vous pouvez aller jusqu’à 31 minutes si vous avez l’habitude de méditer ou que vous avez une pratique régulière intensive, sinon commencez doucement et augmentez petit à petit la durée. C’est jouissif ! Pas de regarder ces personnes partir mais de leur souhaiter le meilleur. On se sent hyper léger après. Je l’ai proposé à mes élèves en décembre, on est ressorti du cours rempli de joie. Et vous verrez que même si vous devez continuer à fréquenter ces personnes (pour des raisons familiales ou professionnelles par exemple), votre relation avec elles va complètement changer en leur souhaitant le meilleur… Qui sait, certains proches disparus reviendront peut-être dans votre vie lorsqu’ils seront à nouveau sur la même fréquence vibratoire que la votre…

photographie Lili Barbery-Coulon

Se libérer du regard de l’autre

J’ai parlé de la réaction de mon entourage proche au chemin que j’ai emprunté mais il y a aussi celle que je provoque chez celles et ceux qui ne m’ont jamais rencontrée mais qui me suivent sur les réseaux sociaux ou sur ce blog. Mon chemin de transformation aimante beaucoup de curiosité. Il suscite parfois de l’admiration, parfois du rejet. C’est naturel quand on s’adresse à un très grand nombre de provoquer des réactions variées. Certains sont tristes que je ne parle plus autant de beauté, de food ou de voyage qu’avant. Les travaux de mon futur bureau et ma formation intensive ne m’ont pas permis d’organiser un nouveau road trip comme j’aimais le faire jusqu’alors et j’espère que j’aurai bientôt d’autres occasions de voyager en famille. Il y a aussi des posts qui attendent depuis des mois que je les publie. Je fais au mieux et à mon rythme contrairement à ce que je m’imposais avant et je m’en félicite. D’autres lectrices regrettent la vie que j’exposais lorsque je courais de lancements presse en dîners professionnels. J’entends leur nostalgie mais cette époque ne me manque pas. Mon seul but aujourd’hui est d’être en cohérence avec moi-même et de partager tous les outils, les pensées, les images, les découvertes en connexion avec ma conscience et ma joie. Chaque semaine, je reçois des dizaines et des dizaines de témoignages de personnes qui me confient avoir changé leur quotidien en me lisant ou en me suivant sur Instagram. Elles se sont mises au yoga (pas forcément le kundalini d’ailleurs), à la méditation, certaines ont décidé de se réconcilier avec leur corps, d’autres ont fait une retraite qui a éveillé leur conscience… Il y a aussi celles qui me parlent des rendez-vous avec les talents découverts ici et qui les ont sauvées. Lire ces témoignages qui m’arrivent en quantité phénoménale me donne beaucoup d’énergie. Si j’ai pu, à mon tout petit niveau, donner l’envie à des femmes de s’aimer plus, de s’aimer mieux alors ce blog et mon activité sur les réseaux sociaux ont un sens. Je reste cependant vigilante face à ce que ces témoignages et ces marques d’affection produisent en moi. J’essaie – et je dis bien j’essaie car ce n’est pas toujours simple – de ne rien prendre de manière personnelle. Ni le bon ni le moins bon. Toujours ce fameux accord toltèque. C’est pourtant si tentant de se lover dans les « likes » et les commentaires flatteurs. Se rouler dans les témoignages d’affection comme on dispose des trophées sur la cheminée et avoir l’illusion qu’ils font de nous une personne importante, qu’ils nous apportent de l’amour de soi. Cette illusion sépare de la véritable estime de soi, elle fragilise car elle nous rend dépendant du regard de l’autre et de sa validation. Le seul moyen de se sentir en confiance et aimé réside à l’intérieur de soi, pas à l’extérieur. J’en suis intimement convaincue. Mais même en pratiquant beaucoup, j’oscille entre des périodes d’union avec ma conscience supérieure et des périodes de séparation où je redeviens la petite fille victime de sa famille dysfonctionnelle en quête de réconfort et d’approbation. Donc, je suis très attentive à la manière dont je reçois les commentaires et les témoignages -positifs ou non – car ils agissent comme un baromètre de mon état intérieur. Cela ne signifie pas que je cherche à être insensible à tout ce qu’on me dit. De toutes façons, même si je le souhaitais, cela me serait impossible. J’essaie juste de garder une position d’observatrice comme on regarde ses émotions passer au milieu d’un ciel limpide. En janvier 2018, j’avais posé l’intention suivante : moins juger les autres, moins me juger moi-même. Je regarde le chemin parcouru depuis et je me réjouis d’avoir progressé. Je ne suis pas du tout en haut de la montagne (l’est-on un jour ?) mais je suis en marche et j’apprends, un petit pas après l’autre. Pour me libérer du regard de l’autre, voici ce qui m’aide :

1) Repérer quand je suis en train de juger quelqu’un

Je le fais encore (qu’est-ce que c’est difficile de sortir de ces schémas persistants !) mais beaucoup moins qu’avant. Et quand je m’en rends compte, je me pardonne. Moins je juge les autres sur leurs choix, leurs apparences, leurs envies, leurs modes de vie, moins je me juge moi-même, moins je me fragilise, car l’autre c’est moi. Et moi, c’est l’autre. Le commérage nous donne l’illusion qu’on fait des meilleurs choix que les autres ou qu’on sait ce que l’autre devrait faire. Pourtant, cette mécanique ne produit qu’un résultat avec brio : nous séparer de notre conscience supérieure.

2) Repérer quand je suis en train de me juger.

 Les « j’aurais du », « j’suis nulle »… toutes les petites phrases assassines qui prenaient tout l’espace dans ma tête (réf : l’article Comment je me suis disputée avec mon corps écrit début 2016 il y a trois ans)… mais aussi celles que je prononce pour un oui, pour un non, même en blaguant pour une bêtise comme « han j’suis trop conne », « j’suis débile »… La méditation quotidienne permet de repérer plus facilement l’expression et l’autoflagellation émanant du mental. Tout l’exercice consiste, une fois qu’on l’a identifié, à 1) se pardonner 2) faire l’effort de reformuler sa phrase ou de communiquer différemment. A une époque, j’utilisais tout le temps le mot « connasse » pour parler de moi et raconter une histoire en tentant d’être drôle. Sur les réseaux sociaux, j’utilisais le hashtag #Instapute dès que je partais en voyage. Une manière de dire : « je sais, j’ai trop de chance, vous pouvez m’insulter». Je me souviens de mes intentions de l’époque : je voulais faire de l’humour. Je n’avais pas conscience de la toxicité de ces mots à mon égard. Encore moins de la position dans laquelle je mettais ma communauté. Ce n’était pas bienveillant pour moi, ce n’était pas bienveillant pour les autres. Je ne m’en rendais absolument pas compte. J’avais juste envie d’être drôle. Et ça marchait ! Tout le monde adorait ce hashtag. On peut pourtant faire preuve d’autodérision sans s’insulter. Un jour, une internaute a souligné cette expression en me disant qu’il n’était pas porteur d’un message bienveillant. Cela m’a agacée. Je me suis dit « oh ça va, les gens, fuck, on peut même plus rigoler ! ». Pourtant, elle avait raison. Il m’aura fallu quelques années pour le comprendre. Les mots ont beaucoup de pouvoir. Notez dans un cahier pendant une journée le nombre de fois où vous vous dénigrez, même en plaisantant. Le soir, répétez-vous : « je me pardonne, je suis pardonné.e, tout est pardonné ». Puis le lendemain, tentez d’agir différemment. Faites simplement de votre mieux (autre Accord Toltèque). Vous allez vite ressentir la différence sur votre état émotionnel et votre confiance intérieure.

3) S’approprier ses réactions

Que cela vienne d’un.e ami.e, d’une connaissance, ou d’un.e inconnu.e sur les réseaux sociaux, on est constamment jugé. Vous avez probablement déjà remarqué que certains jugements ne vous atteignent pas, d’autres si. Parfois, on ne se sent pas concerné. D’autres jours, une toute petite phrase de rien du tout peut prendre tout l’espace pendant plusieurs semaines. Si le jugement crée un écho à l’intérieur, qu’il résonne fort, ce n’est pas de la faute de la personne qui a formulé le jugement. A nous de plonger à l’intérieur de nos abysses pour trouver ce qui nous fait souffrir. Nos réactions nous appartiennent. Malheureusement, on reste souvent sur un niveau binaire de « bien » ou « mal » et on voudrait qu’il soit établi publiquement que l’autre a tort et que nous avons raison. On s’accroche tellement à nos désirs de justice qu’on en oublie d’aller creuser à l’intérieur de sa propre grotte.

4) Incarner le changement sans l’imposer aux autres

Lorsqu’on fait des découvertes qui nous métamorphosent, on a envie de les partager. Un peu comme un film qui nous a tellement enthousiasmé qu’on rêverait que tous ceux qu’on aime puissent en faire l’expérience. Attention néanmoins à la tentation d’imposer nos choix à notre entourage. C’est un point sur lequel j’ai du pain sur la planche ! A la maison par exemple, j’ai bien du mal à ne pas juger mon mari qui achète du Coca Cola ou des merdes industrielles qui détruisent autant sa santé que l’environnement. Pourtant, c’est contre-productif. Imposer son point de vue n’a aucune chance d’amener l’autre à changer. Culpabiliser ne fonctionne pas mieux, bien au contraire. Chacun fait comme il peut avec ses prises de conscience et son cheminement personnel. Peu importe qu’on ait raison ou tort. Si on ne comprend pas à l’intérieur pourquoi un changement est nécessaire, il n’y a aucune chance qu’on l’adopte. Je le sais et pourtant je tombe encore dans ce piège. Moins souvent qu’avant mais quand même. La seule chose qui soit en notre pouvoir c’est d’incarner le changement que l’on souhaite voir émerger autour de soi. Avec toute son authenticité et sans aucune autre attente que celle d’être dans son alignement. C’est alors que l’on inspire les autres par capillarité. On n’a même plus besoin de défendre un point de vue ni de s’acharner dans une discussion sans fin. Il suffit d’être. « Je suis. Je suffis ». C’est tout.

5) Se laisser guider par sa propre joie

 Longtemps, je me suis questionnée sur le regard de l’autre avant de faire quoi que ce soit. « Est-ce que ça va plaire ?» « Est-ce que je suis légitime ? » « Que vont-ils en penser ? ». Comme dirait Gary Vaynerchuck : FUCK THAT AND FOCUS ON WHAT MAKES YOU HAPPY. Aujourd’hui, tout ce que je fais est guidé par une seule question : « Est-ce que cela me donne de la joie ? ». Si la réponse est oui, j’avance dans cette direction. Probablement que ça ne va pas plaire à tout le monde et que cela va avoir un impact sur mon entourage. Mais si ma joie est authentique, alors je sais que je suis au diapason de mon état d’être. Et mes amis sensibles à ma sincérité sauront se réjouir pour moi.

photographie lili barbery-coulon. Cheminer. Chacun à son rythme.

Écrire cet article m’a donné beaucoup de joie 🙂 J’aimerais bien que vous me racontiez à votre tour comment votre entourage réagit lorsque vous changez. Est-ce que vous êtes sensibles à ce que les autres pensent de vous ? Est-ce que cela vous empêche d’avancer ? Vos amitiés ont-elles évolué ? Comment réussissez-vous à vous libérer du regard de l’autre ? Quels sont les « tips » que vous pourriez ajouter à ma liste ?