Lili Barbery

Kundalini yoga challenge de 40 jours

selfie folie à l'aube

Mais tu vas faire ça combien de temps?”, “Il est pas fini ton challenge de yoga kundalini?”, “Tu veux devenir prof?”, “Tu donnes des cours?”, “Combien de minutes je dois faire la respiration du feu?”, “Ca a changé quoi pour toi de te lever si tôt?”, “Tu te laves sous l’eau glacée?”, “Je peux commencer par une douche chaude et finir par un jet d’eau froide?”, “Tu fais des siestes?”, “Tu te couches à quelle heure?”, “Tu fais ça pour te muscler?”, “T’es dans une secte?”…. Chaque jour, sur Instagram, je reçois beaucoup de messages privés. C’est probablement la raison pour laquelle plus personne ne vient commenter sur mon blog quand je publie un nouvel article. Vous préférez m’envoyer vos interrogations de manière confidentielle, ce que je comprends. J’essaie de répondre, bien que ce soit de plus en plus difficile, vu le nombre grandissant de messages et j’espère que vous ne m’en voulez pas trop quand je reste silencieuse. Ma pratique matinale et quotidienne provoque beaucoup de réactions et je me suis dit qu’il était temps de faire le point. J’espère que cela vous rendra service et que vous comprendrez mieux ma démarche.

Pourquoi cette formation de “teacher training”?

En avril, j’ai entamé un “teacher training level one” de yoga kundalini. Je n’ai pas l’intention d’enseigner, en tous cas, ce n’est pas ce qui a motivé mon inscription. J’aime beaucoup prendre des cours et je n’ai pas l’impression d’avoir atteint un niveau qui m’autorise à transmettre ces enseignements. Il y a un milliard de postures que je ne maîtrise pas encore et je ne sais pas si j’y arriverai un jour. Mon but n’est pas de savoir faire le grand écart ni le poirier. D’ailleurs, j’ai choisi un yoga où il n’y a pas beaucoup de postures acrobatiques. Trois raisons m’ont cependant poussé à m’inscrire à cette formation. La première est que j’ai envie d’en savoir plus. J’ai toujours été comme ça, quand je m’intéresse à quelque chose, je deviens si curieuse que j’ai envie d’absorber le plus d’informations possibles. C’était le cas avec le parfum par exemple et c’est ce qui m’a poussé à me former, à apprendre à sentir, à lire autant sur le sujet et à multiplier les master-classes. Mieux comprendre et gagner en autonomie afin de pouvoir pratiquer seule lorsque mes profs sont absentes ou que je n’ai pas la possibilité (le budget, le temps…) d’aller en cours. La deuxième raison est que je prends beaucoup la parole au sujet du yoga kundalini. Sur ce blog et à présent dans les médias qui m’interrogent sur cet engouement. Je ne veux pas dire n’importe quoi et diffuser des informations erronées. Je fais très attention à ce que j’écris ici et à ce que je dis dans mes Instastories. Il m’arrive de me tromper et j’essaie de rectifier le tir quand c’est possible et nécessaire. Je suis au tout début d’un long apprentissage, tout en bas d’une montagne gigantesque et j’avance chaque jour un petit pas après l’autre. Caroline Benezet qui enseigne le yoga kundalini me dit souvent que je suis déjà dans la transmission à travers ce que je partage avec vous. Cela me donne de grandes responsabilités. Ainsi, cette formation m’a paru indispensable. La troisième raison est que je cherche à me rapprocher de moi. De mon authenticité. De mes désirs véritables. De ma sève. De ce qui me rend lumineuse. De ce qui sourit profondément en moi et depuis toujours. Ca a l’air simple en l’écrivant. Le chemin est pourtant sacrément jonché de voies sans issues. Mais si vous avez un jour fait l’expérience de “la source”, vous savez de quoi je veux parler. Si vous ne voyez pas du tout de quoi je parle, je vous souhaite de trouver le moyen de l’expérimenter: il existe en vous une source sacrée d’amour, de joie, de béatitude qui sait parfaitement vous guider. Un enseignant intérieur qui sait mieux que votre mental quelle est votre mission dans la vie. Il est toujours là. Il a toujours été là. Et il existe des milliers de méthodes pour se sentir connecté.e à cette voix. J’ai choisi le yoga kundalini mais il y en existe bien d’autres.

Où fais-tu ta formation?

Pour le moment, je ne souhaite pas répondre à cette question. J’ai besoin de garder des lieux secrets où je peux grandir, m’élever et m’épanouir librement. Quand ce sera terminé et que je serai allée au bout (quand? je ne sais pas car cette formation qui se terminera à la fin de l’automne en amènera peut-être une autre) je verrai si je suis prête à partager ce lieu. Il existe de nombreuses formations pour un passer le “niveau un de kundalini yoga” partout dans le monde, renseignez-vous auprès de vos profs de yoga pour connaître celle qui pourrait vous convenir.

Pourquoi ces challenges durent 40 jours?

Lorsque j’ai terminé ma première semaine de formation, on m’a donné des “devoirs à la maison”. Un premier “challenge de 40 jours” avec la pratique de l’ishnan (la douche froide), un court pranayama (les 9 respirations purificatrices tibétaines), le nabhi kriya et une médiation de 7 minutes avec le long Ek Ong Kar. Je développerai plus en détails dans le prochain paragraphe. Je trouve le mot “challenge” assez mal choisi car il nous replace dans un champ lexical de performance et de compétition. Il ne s’agit pas de prouver quoi que ce soit à qui que ce soit. Ni même de se prouver quelque chose à soi-même. J’utilise Instagram pour me motiver et partager ce qui me fait du bien (en espérant que cela puisse faire du bien à d’autres et je sais que c’est le cas), pas pour qu’on m’applaudisse ni pour écraser les autres. Les encouragements sont agréables mais la reconnaissance extérieure n’est pas féconde. Quant à la fierté mal placée, il s’agit toujours d’une blessure de l’ego. Pourquoi 40 jours? Je ne sais pas qui a fixé ce chiffre. Ce qu’on m’a dit est qu’il faut 40 jours pour intégrer une nouvelle habitude. Est-ce que c’est scientifique? Je n’en sais rien. Et je vous promets que je vais tenter d’en savoir plus sur le sujet. N’empêche qu’on passe par plein d’étapes en répétant chaque matin la même pratique pendant plus d’un mois. Le corps intègre tellement d’informations, on entre différemment dans les postures, on finit par “devenir” la posture. Certains matins, on est lassé, le corps est tellement habitué qu’on se remet à laisser le mental prendre la parole. Et c’est là que ça devient encore plus dur: faire taire le mental, revenir au souffle, revenir sans cesse au corps physique, trouver du confort dans l’inconfort. Chaque posture devient alors une méditation.

Mon premier challenge de 40 jours en détails

Si vous n’avez jamais fait de yoga kundalini, je ne vous recommande pas de suivre ce programme. Si vous êtes un élève régulier, je suggère de demander l’avis de votre prof habituel, il pourra vous indiquer si ce challenge est adapté à votre physique, à vos éventuelles blessures et à votre état émotionnel du moment. Je le dis et je ne cesserai pas de le répéter: ce challenge du “nabhi kriya” (voir la vidéo juste en dessous de ce paragraphe) m’a été recommandé dans le cadre de ma formation. Caroline Benezet a également proposé le nabhi kriya à ses élèves à Paris pendant 40 jours d’affilée le mois dernier avec des durées adaptées au niveau de chaque groupe. N’attaquez pas ce kriya en tentant de faire les durées complètes recommandées sinon vous allez vous cramer en trois jours, au risque de vous dégoûter définitivement de la pratique du matin. Ca se construit jour après jour. Il m’a fallu 7 à 10 jours pour atteindre les durées pleines et je sortais tout juste de ma formation donc j’étais déjà très entraînée (dans mon groupe, certains ont néanmoins réussi illico à faire le kriya dans sa totalité, donc il n’y a pas de règle!). Vous pouvez vous inspirer de ce programme et l’adapter à vos besoins. Pas besoin de pratiquer deux heures chaque matin pour obtenir des bénéfices. Cinq minutes suffisent déjà à changer de “mindset” pour la journée. Chaque matin, après ma douche froide (j’y reviendrai plus bas), je m’installe dans ma salle de bain (seule pièce de l’appartement où il n’y a pas de parquet qui grince) sur mon tapis de yoga avec une ou des bougies, du bois de palo santo, parfois de l’encens ou de la sauge séchée, quelques objets pour me rappeler certains éléments (des galets ou des coquillages pour l’eau, des fleurs séchées pour la terre, la flamme de la bougie et le bois pour le feu, une améthyste pour la spiritualité et la connexion à l’éther, j’ai aussi un Ganesh en métal). Ce petit bazar est venu naturellement à moi, j’ai choisi ces objets de manière spontanée. Une fois assise en tailleur, la colonne bien droite, les mains en prière et les yeux fermés, je prends quelques respirations profondes et je fais ce que Caroline Benezet m’a appris: visualiser mes cellules en bonne santé, demander protection et soutien pour les personnes de mon entourage et pour moi-même puis je chante trois fois l’adi mantra (mantra de “tune in”): Ong Namo Guru Dev Namo. J’enchaine avec le mantra Aad Guray Nameh, répété trois fois. Ensuite, je commence par quelques respirations profondes et conscientes toujours les yeux fermés, les mains posées sur les genoux. Vous pouvez essayer les 9 respirations purificatrices tibétaines, ça prend très peu de temps et ça fait beaucoup de bien. Si vous faites régulièrement du yoga, vous pouvez décliner un exercice de pranayama de votre choix; il y en a des tonnes sur Youtube. Moi j’aime beaucoup les exercices de respiration alternée. Si vous n’avez aucune idée, vous pouvez pratiquer 3 minutes de respiration du feu (il y a plein de tutos et si vous parlez anglais, tapez “breath of fire” pour enrichir votre recherche sur Youtube), sauf si, Mesdames, vous avez vos règles: cette respiration n’est pas recommandée pendant les premiers jours des lunes. Après le pranayama qui est plus ou moins long, selon le temps dont je dispose, je m’échauffe avec quelques exercices tout simples de yoga kundalini: sufi grind, spinal flex (ou camel ride), spinal twist, ego eradicator ou pattes de lion (au moins 3 minutes), et rotation avec la tête pour bien détendre cette zone à droite puis à gauche. On peut aussi pratiquer chat/vache ou cat/cow d’abord lentement puis de façon un peu plus rythmé. Mais en ce moment, comme ça fait partie de mon nouveau kriya, je ne le fais plus pendant mon échauffement. Cet échauffement varie de 5 à 15 minutes selon le temps dont je dispose. Parfois, je m’échauffe en faisant quelques salutations au soleil en alternant jambe droite, puis jambe gauche, il n’y a rien de plus complet pour avoir chaud dans tout le corps. Ensuite, seulement, je commence les devoirs, c’est à dire le “challenge de 40 jours” qu’on m’a donné. Le premier était le nabhi kriya (voir la vidéo ci dessous) qui forge la volonté en ciblant le 3e chakra. Si la spiritualité ne vous intéresse pas, sachez que ce kriya fait des abdominaux de malade mental, ça peut aussi être une porte d’entrée… Ce kriya est plutôt court (45 minutes environ) mais il faut bien respecter le temps de relaxation à la fin. Sans shavasana (la posture du cadavre) on ne peut rien intégrer ni s’ancrer. J’ai fait l’erreur une fois de sortir d’un cours sans avoir pris le temps de faire la relaxation: le cours avait pris du retard, je manquais de temps, je suis sortie en courant en direction de mon rendez-vous suivant. Ca a été l’enfer. Je n’avais plus du tout d’énergie, j’étais complètement vidée et même carrément déprimée. C’est la seule et unique fois que je n’ai pas pris de temps de repos. Je l’ai bien senti passer. Après la relaxation, je fais une petit méditation. Si je suis en mega forme et que j’ai du temps devant moi, il m’arrive de me lancer dans la sadhana de l’ère du verseau après ça. Ca m’est arrivé trois fois depuis mon retour de formation. Sinon, je fais juste le long Ek Ong Kar pendant 7 minutes. Le minimum syndical puisque j’ai appris qu’en “level 2” de teacher training, certains le pratiquent pendant DEUX HEURES ET TRENTE MINUTES! Oui oui, vous avez bien lu. Ek Ong Kar n’est pas une “chanson”. C’est une méditation très puissante, très active… Chaque matin, elle me remet droite, elle m’aligne, j’ai l’impression que toute ma chair est aspirée autour de ma colonne vertébrale et je sens bien l’étirement entre le sacrum et la fontanelle. Impossible de penser à autre chose pendant ces 7 minutes, ça me demande TELLEMENT de concentration! Je finis par le mantra Sat Nam chanté trois fois. Souvent je chante “May The Long Time Sun” juste avant mais pas toujours. Encore une fois, ça dépend du temps que j’ai. Mon but étant: être disponible au moment où ma fille se lève pour aller à l’école.

Le cahier de la colère et la diète de riz complet

En plus de ce premier challenge, mon mentor qui encadre ma formation m’a aussi donné un exercice supplémentaire pendant ces 40 premiers jours: écrire 20 minutes par jour sur mes colères. J’ai tellement appris grâce à ce journal de la colère! Si vous avez tendance à vous sentir irritée par des bricoles ou à sentir des colères anciennes que vous réprimez, c’est un exercice très instructif. Difficile à tenir car on “s’auto-saoule” (et que ça fait mal au poignet, mais ça, c’est un autre problème:-). Très vite, on s’aperçoit du schéma dans lequel on s’est enfermé. On voit comment les situations naissent et disparaissent, ce qui nous permet de les dissoudre et de les élucider. On devient responsable de chaque situation en observant la façon dont nous l’avons aimantée à nous-mêmes. On réalise aussi que les personnages ont beau changé, on ne fait que répéter la même scène. Alors, on creuse plus loin encore. J’ai décortiqué la manière dont la colère se diffuse en moi, comment elle monte du nombril jusqu’à la tête. Ce n’est pas un sentiment, c’est une énergie. Et puis, un soir, en écrivant, je me suis rendue compte que ça faisait déjà plusieurs jours que l’énergie de la colère s’était tue. Que les situations glissaient et que je me sentais moins concernée qu’avant par les “bricoles” du quotidien. J’ai grandi avec beaucoup de rage logée à l’intérieur de moi. Une colère primitive qui se manifeste contre toute forme d’injustice. Enfin contre ce que je qualifie d’injuste (évidemment il s’agit d’un point de vue). C’est très difficile pour moi de lâcher cette énergie car elle m’a beaucoup apportée. Grâce à elle et à cet esprit combatif, j’ai réussi à me sortir de nombreuses situations douloureuses. Mon mentor voudrait cependant que j’explore d’autres sources de puissance. Comme celle générée par la paix. Regardez le Dalaï-lama. Ses messages d’une grande puissance ne passent jamais par l’énergie de la colère, ce qui ne l’empêche pas de lutter pour ce qui lui semble bon et juste. Il m’a demandé si j’étais du genre hyper actif. Hum, euh, oui, je dois en effet reconnaître que j’ai beaucoup de mal à rester assise sans rien faire. Bien sûr, il y a le yoga et la méditation. Mais, ce n’est pas “rien faire”. L’oisiveté pure, je ne me l’autorise que très rarement. Pendant mes vacances par exemple, je reste souvent très occupée: je prépare les repas, je vais faire les courses, je pars en balade, je repère des lieux, j’écris, je vais me baigner, je fais mon yoga, je lis un bouquin, je papote avec les copains… Je passe finalement peu de temps assise à ne rien faire ou allongée à regarder le plafond sans but précis. Je connais pourtant des gens qui sont très doués pour ça. Je me suis longtemps cru supérieure à eux: “faire” me semblait mieux que de ne “rien” faire. Or, je crois que j’ai aujourd’hui besoin de faire de la place au vide. Et j’ai des leçons à prendre auprès de ceux que je méprisais. Je le répète pourtant si souvent à ma fille lorsqu’elle se plaint de s’ennuyer: c’est quand on s’ennuie qu’on peut expérimenter sa créativité, faire preuve d’imagination. Et si je me suis lancée dans cette formation, c’est aussi dans un but précis: exprimer ma créativité, la faire émerger. Transmuter les douleurs archaïques en terreau fertile. Transformer les ombres en lumière. Faire émerger la beauté là où elle est la plus inattendue. J’ai encore tellement de chemin à parcourir… Parfois, j’en ai les bras qui tombent. Pour m’aider, mon mentor me propose un nouvel exercice (en plus de ma pratique quotidienne du matin): une diète de 9 jours de riz complet cuit dans beaucoup d’eau. Ce n’est pas un régime amaigrissant ni un équilibre alimentaire recommandé, puisque je vais forcément être carencée avec cette mono diète. Il s’agit du régime n°7 du docteur japonais Ohsawa, fondateur de la macrobiotique. L’idée est de passer par le corps physique pour équilibrer les énergies. Les moines au Japon le font au moins deux fois par an. Avec cette céréale “yang” à volonté (sans sel, sans gras, sans rien), je vais “yangiser” mon énergie. Normalement, c’est très purificateur et c’est sensé faire beaucoup de bien au système digestif. Il faut éviter de boire pendant les repas (ce conseil est d’ailleurs valable tout le temps car cela trouble la digestion) et il faut vraiment consommer une eau de source pure entre les repas, voire du thé Mu (je vais m’imaginer que c’est un dessert…). Les bénéfices thérapeutiques sont assez prometteurs (en particulier pour ressentir le vide et se débarrasser des colères encore agrippées…) mais je ne vous en parlerai que lorsque j’aurais terminé l’expérience. J’espère juste arriver au bout! Je n’ai pas encore pu me lancer car il a d’abord fallu que j’annule tous mes déjeuners et mes invitations à dîner pendant 9 jours d’affilée. Je commencerai donc dimanche soir prochain. NE FAITES PAS CETTE DIÈTE SANS ENCADREMENT! Je reçois beaucoup de questions depuis que j’en ai parlé. Ca n’a rien du “dernier régime avant l’été pour rentrer dans son maillot” (de toutes façons aucun de ses régimes de dernière minute ne marche) et il ne va pas régler tous mes problèmes dans la vie. Honnêtement, je ne crois pas aux méthodes miraculeuses. Je vais essayer de vivre cette diète comme une expérience et noter mes émotions au fil des 9 jours… On verra où cela me mène.

Mon deuxième challenge de 40 jours en détails

Et oui. Il y en a bien un deuxième à présent que j’ai terminé celui du nabhi kriya. Je pense qu’il y en aura sûrement un troisième et ainsi de suite jusqu’à la fin de ce teacher training. Etrangement, le 40e jour du nabhi kriya, j’ai été un peu déprimée, je n’avais pas envie que ça s’arrête. Je m’étais déjà attachée à ces mouvements. C’est ahurissant la rapidité avec laquelle on se crée un besoin. Depuis près d’une semaine, je tente de dompter un nouveau kriya (je rappelle que cela signifie un set de postures enchaînées) qui s’appelle Lightness of the being. La légèreté de l’être: tout un programme. Il est BEAUCOUP plus long que le nabhi kriya qui paraît ridiculement court à côté. Pour le nabhi (qui veut dire nombril), avec un exercice de pranayama (court), l’échauffement et la méditation, j’en avais pour 1h30 chaque matin. A présent il me faut au moins deux heures pour tout terminer et je n’ai pas beaucoup le temps de me reposer entre chaque posture. Je prends cependant toujours le temps de bien me relaxer à la fin du kriya. Lightness of the being ressemble quasiment à ce kriya trouvé sur le site de la Fédération du yoga kundalini. Dans mon programme, je n’ai pas l’exercice 11b, et la méditation n°.14 dure 11 minutes et pas 31 minutes (thank god!). En revanche pour la posture 16, je n’ai pas à faire des squats mais 25 grenouilles, ce que je trouve nettement plus difficile. Quant à la relaxation, je la fais durer entre 12 à 15 minutes. Pour l’instant, je n’arrive pas à tenir la sauterelle et la posture de l’arc plus d’1 minute 40 chacune (ce qui me demande déjà des efforts démentiels). Je verrai où j’en serai dans quelques jours. Le corps est très surprenant. Après la relaxation, il m’est recommandé de méditer. Je me contente du long Ek ong kar de 7 minutes et si vraiment j’ai du temps supplémentaire et de l’envie, je pioche parmi un des mantras de la sadhana de l’ère du verseau. Je les aime tous mais j’ai une affection particulière pour Rakhay Rakhanharr et Sat Siri, Siri Akal. Si vous voulez avoir les paroles et la signification en anglais de tous les mantras de l’aquarian age, vous pouvez imprimer ce pdf trouvé sur le site de 3HO. La méditation quotidienne est capitale si l’on cherche à se rapprocher de notre essence. Les kriyas qui agitent le corps dans tous les sens agissent sur notre système nerveux, lymphatique, hormonal et sur notre circulation sanguine. Ils peuvent viser le nettoyage d’un organe ou d’un chakra mais plus je pratique plus je m’aperçois que cette partie ciblant le corps physique n’est qu’un préliminaire au nectar suivant: la méditation. Ce deuxième challenge va me conduire jusqu’à la mi-juillet et quelques jours plus tard, je partirai à nouveau dans le centre où je me forme pour une deuxième semaine dont certains élèves m’ont déjà dit qu’elle serait beaucoup plus difficile que la première (gloups).

La douche froide ou ishnan

Il m’est désormais impossible de me lever sans prendre une douche froide. A Gordes, il y a dix jours, l’eau n’était pas glacée mais tiède. Je n’ai jamais réussi à faire descendre la température plus bas. J’étais frustrée car les bénéfices obtenus en sortant n’avaient rien à voir avec mon ressenti habituel. J’ai déjà expliqué cette pratique dans cet article. Néanmoins, on me demande tout le temps si je me lave sous l’eau froide en me réveillant: non. Normalement, le protocole c’est: 1) brossage à sec avec une brosse douce (la mienne vient de The Organic Pharmacy) 2) de l’huile végétale. Vous pouvez utiliser une huile comestible achetée en magasin bio comme de l’huile de coco (il existe des versions désodorisées si vous n’aimez pas son parfum naturel) ou de l’huile de sésame. L’huile d’amande douce et l’huile de tournesol sont tops également. Je vide les flacons si vite que j’utilise tout ce que je trouve. J’aime bien l’huile Weleda à l’arnica, l’huile Muscle Release de Suzanne Kauffmann et je viens de commencer l’huile ruineuse pour le corps de Tata Harper qui contient également de l’arnica et sent trop bon. 3) douche froide (pas sur le crâne et on ne laisse pas le pommeau de douche sur les cuisses sinon ça déminéralise) pendant idéalement trois minutes. Je tiens rarement plus de 2 minutes trente mais c’est comme une posture de yoga: ça se construit. Comme j’ai la peau sensible, je me mets d’abord de l’huile et je brosse après. Ce sont deux naturopathes différents qui m’avaient recommandé de faire comme ça, tout comme la fondatrice de The Organic Pharmacy. Cependant en expliquant ma méthode sur Instagram, j’ai reçu de nombreuses réactions de naturopathes et d’experts du yoga me faisant remarquer que le brossage à sec est plus efficace sur la circulation lymphatique et que le brossage sur peau huilée ne sert à rien. Faites ce qui vous semble bon pour votre santé et votre peau. La façon dont je procède me convient et elle me permet de mieux supporter le froid avant d’entrer dans la douche. Je ne me savonne pas sous cette douche froide. Je fais mon yoga, je petit-déjeune et bien plus tard, je prends une douche classique avec du gel douche et de l’eau chaude.

La gestion du réveil à l’aube

Une autre question revient régulièrement sur Instagram: “Comment réussis-tu à te lever aussi tôt?”. Je ne mets pas de réveil, je me réveille naturellement très tôt. Avant, quand j’ouvrais un oeil à 5h du mat, j’essayais de me rendormir en me disant que je faisais une insomnie. En fait, j’avais juste atteint ma dose de sommeil. Je ne me réveille pas tous les jours naturellement à 5h ou 5h30 du matin. Parfois, j’ouvre un oeil à 6h ou à 7h. Normalement, il faut pratiquer avant le lever du soleil mais ce n’est pas le plus important pour moi. Ma priorité est d’être disponible pour ma fille quand je dois la réveiller en semaine à 7h30. J’ajoute que j’adore pratiquer dans la pénombre, il y a un silence et une atmosphère particulière avant l’apparition du soleil, on n’a pas du tout les mêmes sensations à 7h du matin. Est-ce que je me couche plus tôt? Globalement, oui. Je suis incapable de tenir après 23h et toutes les fois ces deux derniers mois où je me suis couchée après minuit, j’ai mis plusieurs jours à récupérer mon rythme. Est-ce que je suis plus fatiguée qu’avant? Ca dépend des jours. Pratiquer quotidiennement me donne beaucoup d’énergie (on n’en perd pas en pratiquant, on en crée, ça parait bizarre mais c’est vrai). Me lever tôt et me coucher tard lorsque je n’ai pas le choix (sorties professionnelles ou perso) m’épuise. Pour récupérer, je me suis mise à faire la sieste après le déjeuner. Pas une sieste de trois heures. Je fais des micro siestes de 10 à 20 minutes max (la fameuse “Power Nap”). Je m’endors hyper facilement. Quand je vois que mes yeux sont fatigués devant l’ordi, je sais que je ne suis plus bonne à rien et qu’il faut que je m’allonge 10 minutes. Bien plus efficace que n’importe quel litre de café. Comme je bosse de la maison, c’est facile. Mais si je n’ai pas la possibilité de m’allonger dans mon lit, je dors dans le bus ou dans le métro la tête penchée contre une fenêtre (j’espère sans filet de bave au coin des lèvres :-). Si vous avez envie de vous mettre à pratiquer chaque matin, VOUS N’ÊTES PAS OBLIGÉ.E.S DE VOUS LEVEZ À 5H! Je fais les exercices qu’on me demande de faire dans le cadre de cette formation et je ne sais pas si je vais avoir envie ou besoin de me lever à 5h chaque matin pour le restant de ma vie! Je fais une expérience et je la vis à fond. Mais vous pouvez tout à fait faire 10 minutes de méditation ou de yoga au réveil à 8h du matin. C’est déjà formidable! Ce qui compte, c’est la régularité. Si vous intégrez une pratique courte dans votre routine, elle va vous être indispensable au bout de… 40 jours! Essayez, vous risquez d’être surpri.se.s!

Cinq minutes ou deux heures trente: combien de temps doit durer une pratique quotidienne au réveil?

Il n’y a pas de “il faut que” ni de “vous devez”. Personne n’est obligé de rien du tout. Si vous êtes heureux et épanouis, rarement fatigués et en bonne santé, que vous ne ressentez aucun blocage qui vous empêche de réaliser vos rêves les plus chers, que vous accueillez les épreuves de la vie avec distance, que vous savez toujours revenir à votre joie innée et que vous ne vous sentez pas pressurisés par l’époque actuelle, NE CHANGEZ RIEN. Si en revanche, vous avez encore des peurs qui vous empêchent d’avancer, que vous ressentez parfois ou souvent de l’amertume, de la jalousie,  du découragement, un sentiment d’infériorité ou de supériorité, que vous vous exprimez avec colère dans des situations où vous aimeriez garder votre calme, que vous avez des difficultés dans vos relations avec les autres, que vous sentez des déséquilibres dans votre sexualité, votre rapport à l’argent ou que vous avez des addictions diverses et variées, que vous êtes coincé.e.s dans des schémas répétitifs et que vous en voulez toujours à vos parents : JOIN MY CLUB AND PRACTICE! Evidemment il y a les psys, les clubs de sport et tout un tas de thérapies disponibles aujourd’hui. Mais prendre dix minutes chaque matin pour vous, comme un cadeau que vous vous faites à vous-mêmes peut vous permettre de commencer à changer votre réalité. Dix petites minutes pendant 40 jours? C’est gratuit et ça peut rapporter gros! Voilà ce que vous pouvez faire en dix minutes: vous vous levez et vous allez directement sous l’eau froide. N’essayez pas de rester 3 minutes d’emblée, ça va vous dégoûter de la douche froide. Juste quelques secondes. Ensuite, vous vous séchez bien et vous enfilez un vêtement confortable. Asseyez-vous dans un endroit où l’on ne risque pas de vous déranger. Vous n’avez pas de tapis? Vous n’en avez pas besoin! Roulez une serviette de bain et asseyez-vous en tailleur sur la serviette pour avoir les hanches légèrement au dessus des genoux. Vous aurez la colonne vertébrale plus droite. Rentrez votre menton, baissez vos épaules, rapprochez vos omoplates. Inspirez et expirez en conscience profondément trois fois d’affilée. Mettez vos mains en prière devant la poitrine, inspirez profondément, retenez le souffle et visualisez vos cellules en bonne santé. Imaginez-les en train de danser dans chaque partie de votre corps, dans les pieds, les mollets, les genoux, les cuisses, le pubis, le ventre, le dos, la cage thoracique, les bras, le cou, la tête. Puis imaginez tous les atomes qui vous entourent et font partie de votre champ électromagnétique. Eux aussi dansent et s’étirent à perte de vue tout autour de vous. Vous n’êtes plus un individu séparé de la planète, séparé des autres individus. Vous ne faites plus qu’un avec tout ce qui vous entoure. Expirez. Chantez trois fois le mantra de connexion Ong Namo Guru Dev Namo (je m’incline devant la divine sagesse qui est en moi et qui me permet de passer de l’ombre à la lumière). Écoutez sa vibration résonner en vous après l’avoir chanté. Enchaînez avec les 9 respirations purificatrices tibétaines (j’ai mis le lien vers une vidéo dans un paragraphe plus haut) en prenant bien soin de visualiser du vert à l’inspiration et de mettre une intention en expirant sur ce que vous ne voulez plus. Vous pouvez focaliser sur une douleur, une maladie dont vous souhaitez vous débarrasser ou bien sur une situation qui vous emmerde constamment. A chaque expiration intense, visualisez de la fumée noire qui sort de votre narine. Ensuite, retirez le support, attrapez vos genoux puis commencez “sufi grind” pendant 1 minute trente dans un sens puis 1 minute trente dans l’autre sens. Inspirez, retenez le souffle, serrez périnée, anus et nombril. Expirez et relâchez. Observez. Ensuite, remettez le support sous vos fesses et faites l’ego eradicator pendant 3 minutes avec la respiration du feu. Rentrez bien votre menton, les yeux fermés, concentration au point entre les sourcils, ce qu’on appelle le 3e oeil. Inspirez, retenez le souffle, serrez périnée anus nombril. Expirez, relâchez. Observez comment l’énergie circule à présent dans votre corps. Soyez plein.e.s de gratitude. Puis, chantez trois fois Sat Nam (véritable identité) les mains en prière devant le coeur. Boum, basta, c’est fini, vous pouvez vous jeter dans votre journée. DIX MINUTES. C’est rien du tout sur vingt-quatre heures. Et pourtant vous envoyez un message d’estime pour vous même si capital. Un jour, qui sait, vous n’aurez pas besoin de mettre votre réveil dix minutes plus tôt pour vous accorder cette mini pratique. Elle vous semblera aussi indispensable qu’un brossage de dents. Sat Nam!