Le yoga : plus qu’une pratique sportive, un lifestyle
Photographie Géraldine Couvreur

Le yoga : plus qu’une pratique sportive, un lifestyle

Le yoga : plus qu’une pratique sportive, un lifestyle

Retour sur l’après-midi passée chez Kshanti Yoga Paris avec Catalina Denis, la fondatrice de ce studio parisien et Isabella Capece, co-fondatrice de la cantine vegan Maisie Café. L’occasion de découvrir comment cette discipline peut transformer l’existence

Photographie Géraldine Couvreur

En janvier, j’ai organisé un atelier bien-être au studio de yoga parisien Kshanti avec Maisie Café. Souvenez-vous : j’avais lancé un concours pour gagner des places cette après-midi là et un certain nombre d’entre vous s’est inscrit directement à l’atelier auprès de Kshanti. Catalina Denis, la fondatrice du studio, nous a donné un cours de yoga vinyasa puis nous avons pris un petit goûter préparé par l’équipe de Maisie Café, une cantine vegan située rue du Mont Thabor à Paris. On a ensuite eu l’occasion d’échanger au sujet de la pratique du yoga et de ce qu’elle a changé dans nos vies avec Catalina, Isabella Capece (co-fondatrice de Maisie) et les participantes qui sont toutes reparties avec un kit de découvertes de soins pour le visage de Tata Harper. Bon, mais c’est pas pour faire baver celles et ceux qui n’ont pas pu s’inscrire que je vous parle de tout ça. Plusieurs points ont été abordés au cours de cet atelier et il me semble que ces pistes de réflexion méritent d’être partagées.

Photographie Géraldine Couvreur

Quel yoga choisir et comment savoir si mon enseignant.e est de qualité?

C’est une question qui revient souvent dans vos messages sur Instagram et qui a été abordée au cours de cet atelier. Il y a tellement de yogas qu’il est impossible d’imposer la même réponse pour tous. A Paris, mais aussi dans de nombreuses villes en province, des studios ouvrent un peu partout, proposant une variété de disciplines que je vous invite à tester. Lorsque cela vous est proposé, essayez de prendre une carte découverte afin d’essayer le maximum de pratiques avant de vous engager. Expliquez bien vos motivations et vos attentes aux gérant.e.s des salles de yoga : est-ce que vous voulez de l’apaisement ? Apprendre à mieux gérer le stress ? Vous muscler ? Affiner votre silhouette ? Renouer avec de la spiritualité ? Méditer en profondeur ? Vous défouler ? Transpirer beaucoup ou très peu ? Corriger votre posture ? Est-ce que vous avez des blessures ou des peurs corporelles qui vous empêchent de faire certains mouvements ? Souhaitez-vous guérir d’une douleur chronique (douleurs de règles, du dos, du ventre, problèmes digestifs….) ? Toutes les pratiques de yoga – lorsqu’elles sont bien enseignées – visent la même chose : l’union entre le corps et l’esprit. Pas seulement une harmonie entre le mental et le corps physique mais une connexion d’un ordre bien plus grand. Une harmonie énergétique de la terre jusqu’au ciel, qui enracine dans le sol et nous permet d’être stable lorsque tout s’écroule autour de nous et qui s’élance vers le ciel et nous donne des ailes pour réaliser nos projets. Néanmoins, les moyens d’y arriver varient et nos histoires personnelles sont toutes différentes. Ce qui fonctionne pour moi ne vous conviendra pas forcément. Donc, soyez à l’écoute de ce qui vous fait du bien. Concernant les profs, c’est extrêmement difficile de répondre mais voici mes critères : en kundalini, je suis très sensible à l’énergie de la personne mais aussi à son discours, aux mots qu’il ou elle choisit au début et pendant le cours. Plus on pratique le kundalini, plus on stimule son intuition. Elle me sert aussi à repérer les dissonances chez les autres, vous savez, quand « ça sonne faux ». Ca arrive aussi chez les profs de yoga, ce sont des êtres humains comme vous et moi, avec leurs failles et leurs forces, ils/elles ont eux/elles aussi leurs coups de mou, leurs passages à vide, leurs périodes de stress. Restez attentives/attentifs à votre silence intérieur. Si vous sentez la moindre alerte, changez de cours. Ca ne signifie pas que le prof est mauvais, mais peut-être qu’il ne vous convient pas. En vinyasa ou en yoga hatha, je trouve important qu’un prof explique correctement les postures sur le plan anatomique, afin de bien comprendre les placements en jeu et la fonction des asanas. Un autre critère qui ne dépend pas uniquement de votre enseignant.e : écoutez votre corps ! N’allez pas vous blesser en allant trop loin. Je connais tellement d’élèves qui se sont blessés en voulant dépasser les messages que leur corps leur envoyait… Certes, il faut aller un peu plus loin que sa zone de confort, sinon autant rester au lit, mais pas au point de se faire mal. Au fond, trouver la bonne pratique et le bon prof, c’est un peu comme dénicher le psy de ses rêves. Sur le chemin du « mieux-être », il y a des gens qui vont mal et qui compensent leur extrême fragilité par une prise de pouvoir sur leurs élèves/patients. Refusez toute prise de pouvoir. C’est l’autonomie qu’on vise ici, pas l’inverse.

Photographies Géraldine Couvreur. Catalina Denis en plein action

Qu’est-ce que la pratique du yoga change au quotidien ?

J’ai déjà beaucoup parlé de ce que le yoga kundalini m’a apporté en 18 mois (je vous invite à relire les articles parus sur le sujet, je vous remets les liens tout en bas de cette page). J’étais curieuse d’entendre les réponses de Catalina et d’Isabella à cette question. Isabella Capece travaille dans le milieu du luxe et de la mode depuis des années. Elle a toujours fait du sport, nous avons d’ailleurs eu, sans le savoir à l’époque, la même coach sportive à domicile pendant quelques années (Audrey Fourcade, la fille la plus hilarante que je connaisse, qui réussissait à me faire courir aux Tuileries en plein hiver… IMPROBABLE ET POURTANT VÉRIDIQUE). C’est seulement lors d’un séjour à l’étranger, il y a un peu plus de dix ans, qu’elle tombe sur un panneau invitant les clients de son hôtel à un cours de yoga. Elle essaie sans attente particulière et c’est la révélation. De retour à Paris, elle trouve une prof de yoga Iyengar (le yoga de l’alignement, sans doute le plus précis de tous les yogas) et plonge dans la marmite. Progressivement, elle se questionne sur son alimentation, cherche de la cohérence à tous les niveaux de son existence. Italienne et gourmande, elle décide de renoncer aux aliments contenant du gluten et du lactose, chasse la viande et le poisson de son assiette… Elle achète un déshydrateur alimentaire, un extracteur de jus… En quelques années, sa manière de cuisiner s’est métamorphosée au point que son mari lui a proposé d’ouvrir un lieu pour partager ses découvertes et ses recettes avec le plus grand nombre. C’est ainsi que Maisie Café est né. Un espace entièrement vegan où l’on peut petit-déjeuner, déjeuner ou grignoter une gourmandise sans sucre en plein après-midi. Isabella continue à travailler dans la mode mais son rapport à sa vie professionnelle a également changé. Elle sélectionne, elle « priorise », elle se laisse moins noyer. Elle sait qu’elle est la seule à pouvoir fixer les limites. Aucun patron, aucun manager ne le fera jamais pour vous. Et je trouve que c’est aussi un enseignement formidable du yoga : c’est nous qui sommes les seuls maîtres à bord. Ca paraît facile à écrire et si difficile à mettre en place lorsqu’on est emprisonné dans une immense hiérarchie et qu’on a peur de perdre son emploi en refusant une tâche supplémentaire. Combien de fois ai-je pensé : « je n’ai pas le choix » « je suis obligée de » « je n’ose pas dire non » « j’ai peur qu’on ne m’aime plus si je dis non » ? J’ai encore ces peurs, mais elles sont moins vives et je sais mieux les repérer. Elles ne constituent aucune réalité. Ca vaut la peine de dire non une fois et d’observer que rien ne s’est écroulé autour de nous, contrairement à ce qu’on avait imaginé.

Photographies Géraldine Couvreur

Changer de voie pour se rapprocher de soi

L’expérience de Catalina et son cheminement dans la pratique du yoga sont tout aussi inspirants. Catalina Denis est une splendeur née en Colombie il y a un peu plus de trente ans. Cette liane démesurément belle a eu un accident de voiture alors qu’elle sortait à peine de l’adolescence. Un accident très grave qui aurait pu la tuer et qui a changé très tôt son regard sur la vie. Bien que son grand-père ait toujours fait du yoga et qu’il l’ait initiée à la médecine ayurvédique, elle ne pratiquait pas et préférait le fitness et les sports plus classiques déclinés dans les salles. Repérée très tôt dans la rue, elle devient mannequin puis actrice. Vous l’avez peut-être déjà vue dans Go Fast, Taxi 4 ou la série américaine The Whispers. Au fond, elle avait alors tout ce qu’on – la société, nous, les médias, l’époque dans laquelle nous baignons – vend comme les clés absolues de la réussite : la beauté, la célébrité, l’argent. Enfin, en tous cas, c’est ce qu’on pouvait projeter sur elle en la regardant. Pourtant, Catalina n’était pas heureuse, elle sentait qu’elle avait une autre mission et qu’elle devait absolument la conduire. Un peu par hasard, il y a un peu plus de dix ans, je crois, elle teste un cours de yoga dans la salle de sport qu’elle fréquente. Elle se lance dans le yoga comme on ferait de la boxe, avec l’idée d’être la plus performante possible. Finalement, l’héritage de son grand-père et toutes les graines semées au cours de son enfance ont brusquement fait l’écho d’un orchestre philarmonique. C’est dans cette pratique qu’elle s’est révélée à elle-même. C’est dans le yoga qu’elle trouve son centre. C’est ici qu’elle peut s’épanouir. Petit à petit, elle augmente la fréquence des cours qu’elle prend. Installée à Paris avec son mari et leur fille, elle décide de se former à l’enseignement et d’ouvrir un lieu qui corresponde à ses envies et ses besoins. Kshanti est né il y a quelques mois. Il réunit des profs d’exception et des disciplines très variées. Chaque dimanche, il y a des ateliers auxquels j’ai envie de participer. Et puis, il y a tous ces petits détails qui simplifient la vie (des serviettes propres, des prises pour brancher son téléphone dans les vestiaires, des douches et des produits de qualité…). Les tarifs à l’unité sont élevés mais ça descend vite si l’on achète des cartes de 10 ou 20 cours. Ce que je trouve intéressant, c’est cette idée de « réussite sociale » sur laquelle on doit tous réfléchir pour avancer. Qui décide qu’il faut avoir plein de fric ou de followers sur les réseaux sociaux pour réussir sa vie ? Pourquoi valorise-t-on toujours ceux qui « seraient » tout en haut de la pyramide parce qu’ils dirigent des dizaines d’employés ou qu’ils passent à la télévision ? Ces jugements de valeur des individus ne sont que des croyances et des héritages culturels. Aujourd’hui, la réussite a une signification très différente à mes yeux : j’anticipe moins, je focalise sur le présent et je tente d’honorer ce que me dicte mon silence intérieur. Il y a encore plein de fritures sur ma radio interne, je ne suis pas toujours connectée à ma voix, j’ai encore plein de filtres sociétaux, familiaux dont je dois me libérer. Mais lorsqu’elle me parle, cette voix sure, je sais où je dois être, je sais ce dont j’ai envie, je sais vers où je dois avancer. Il n’y a plus de doute, juste des évidences. C’est de cela dont Catalina parlait ce dimanche après-midi chez Kshanti, aux côtés d’Isabella. Cette voie vers soi n’est pas facile. On doit renoncer à nos repères, à nos croyances, à certaines choses matérielles qu’on croyait indispensable à notre bonheur. Mais ce chemin-là en vaut vraiment la peine. Car la joie d’être dans son authenticité rend invincible, pour reprendre le titre du livre de Guru Jagat The Invicible Living.

Photographies Géraldine Couvreur. Isabella Capece et Catalina Denis

A présent, j’aimerais beaucoup vous entendre : qu’est-ce que le yoga a changé pour vous ? Quelles sont les pratiques qui vous ont le plus apporté ? Avez-vous des profs à recommander dans les disciplines que vous aimez (je veux absolument valoriser ici les enseignant.e.s qui se donnent tant de mal pour nous faire avancer) à Paris ou partout ailleurs ? Est-ce que votre alimentation a changé depuis que vous vous êtes mis au yoga ? Est-ce que votre vie professionnelle a évolué ? Et si vous n’aimez pas le yoga ou que vous n’avez pas encore trouvé la discipline qui vous convient, de quoi avez-vous envie?

Photographies Géraldine Couvreur. Isabella Capece à gauche, Catalina Denis à droite

Maisie Café est situé 32 rue du Mont Thabor, Paris 1er, Tel: +33 1 40 39 99 16, Kshanti Yoga Paris est situé 13 rue du Vieux Colombier, Paris 6e, Tel: +33 7 70 20 89 85. Merci infiniment à Isabella Capece et Catalina Denis de m’avoir permis de concocter cet atelier pour mes lectrices. Merci à Manuela Suarez de Pois, attachée de presse de Tata Harper pour ta confiance et ta fidélité en toutes circonstances. Votre soutien me touche et m’encourage <3