Quelques enseignements de ma semaine de formation yoga
Photographie Lili Barbery-Coulon

Quelques enseignements de ma semaine de formation yoga

Quelques enseignements de ma semaine de formation yoga

Du silence, des infusions, des douches froides à l’aube et beaucoup de bouillon le soir… Retour sur ce qui m’a fait du bien pendant ma semaine de formation en yoga kundalini.

Ca fait plus d’une semaine que je suis rentrée d’une formation yoga kundalini assez intense. Je ne sais pas si mon atterrissage dans la vraie vie est totalement terminé ni si j’ai suffisamment de recul pour vous en parler. J’ai reçu beaucoup de questions pendant que je vivais cette expérience sur Instagram et je continue à en recevoir chaque jour. Je vais tenter de répondre à certaines d’entre elles. Je ne souhaite cependant pas révéler le nom de l’école où j’ai suivi ce programme ni le détail de ce que j’y ai vécu, ne serait-ce que par respect pour celles et ceux qui s’y inscriront peut-être un jour : l’effet de surprise doit rester intact. Cette formation m’engage pour au moins six mois. Et plus, si affinités. Il me semble prématuré de tirer le moindre bilan à ce stade, vu que je n’en suis qu’aux balbutiements. Cependant, vous me connaissez, j’ai l’esprit “partageur” et je crois que certaines découvertes pourraient vous apporter du mieux-être… à vous de faire le tri selon vos besoins et votre curiosité.

J’ai découvert le yoga kundalini en septembre 2016 grâce à mon amie Aurélie Monestier-Banon que je ne cesserai jamais de remercier. Quand je pense qu’il lui aura fallu près d’un an pour qu’elle réussisse à me traîner (quasiment de force) dans un cours de Caroline Benezet… J’étais tellement résistante à cette idée de yoga spirituel et d’éveil de la conscience ! Très vite, alors que je n’avais jamais pratiqué avec plaisir la moindre activité physique et que mon Everest de la méditation restait bloqué à 20 minutes max avec des écouteurs et la voix d’Andy Puddicombe sur l’application Headspace, je suis devenue complètement accro. J’avais enfin trouvé une méthode globale capable de faire baisser mon niveau de stress, de me connecter à une zone de confiance que je n’avais jamais frôlé du pied, de me défouler et me relier à mon corps, de la racine des pieds jusqu’au sommet de mon crâne. D’un cours hebdomadaire, je suis vite passée à deux rendez-vous par semaine. Et, depuis janvier 2017, je prends trois cours chaque semaine, avec en prime, un peu de pratique personnelle chez moi. Ces derniers mois, mon statut “d’influenceuse” et de jeune auteure d’un livre (Pimp My Breakfast aux Editions Marabout si vous découvrez mon blog aujourd’hui), m’a amené à répondre à de nombreuses interviews. On me questionne beaucoup sur ma pratique quotidienne, sur mon lifestyle. Or, à chaque fois que je prends la parole sur le yoga kundalini, je ne me sens pas tout à fait légitime. En novembre dernier, la retraite organisée par Caroline Benezet à Sidi Kaouki m’a fait un véritable choc. J’ai ouvert une porte qui était verrouillée jusqu’alors. Et j’ai senti un appel. L’envie d’en savoir plus, d’aller encore plus loin. Du coup, il y a quelques semaines, alors que j’étais au Royal Evian, en weekend yoga (d’ailleurs, il faut que je vous parle de cette parenthèse toute douce) j’ai pris la décision de m’inscrire à un teacher training. Je n’ai pas l’intention d’enseigner (mes profs me disent toutes qu’on dit toujours ça au début et qu’on change d’avis au fil de la formation…). J’ai juste envie d’enrichir ma pratique quotidienne et d’avoir plus d’outils à ma disposition.

En m’inscrivant, je ne savais rien du programme quotidien de l’école. Je me doutais qu’il y aurait des sadhanas à l’aube (la pratique que les yogis font chaque matin avant le lever du soleil), de la théorie et beaucoup de pratique. J’imaginais qu’on allait manger végétarien et peut-être même vegan et qu’on se coucherait tôt chaque soir. J’avais raison sur certains points. Je n’avais cependant pas anticipé à quel point ce serait difficile, intense, transformateur, challenging à tous points de vue.

Selfie après deux heures de pratique à l’aube

Trouver du confort dans l’inconfort

L’Univers a d’abord du considérer qu’il fallait me sortir de ma zone de confort, au sens propre comme au sens figuré. Moi qui ai l’habitude de fréquenter des endroits luxueux, je me suis retrouvée à partager une chambre avec quatre autres femmes dans un dortoir pour six avec une micro salle de bain sans porte fermée pour nous toutes. J’ai adoré la collectivité lorsque j’étais enfant. De 9 ans jusqu’à l’âge de 18 ans, je suis partie en colonies de vacances puis en camps d’ados. J’ai d’ailleurs gardé des liens avec certaines filles rencontrées au fil de ces semaines passées loin de nos familles et de nos repères. Mais, pour être tout à fait franche, lorsque j’ai découvert notre chambre dans cette école de yoga, je me suis demandée comment j’allais réussir à lire le soir sans déranger les autres, faire pipi en pleine nuit sans les réveiller, me doucher sans me foutre à poil devant tout le monde…bref, avoir un peu d’intimité! En quelques jours, ces questions se sont évaporées. J’étais bien trop fatiguée pour me les poser. Finalement, alors que tous les autres participants étaient logés dans des chambres pour deux beaucoup plus confortables que notre dortoir, le « hasard » avait parfaitement fait les choses. Ce dortoir était exactement ce dont j’avais besoin. Chaque soir, je me sentais bercée par l’énergie du groupe et le matin à 5h, j’avais plus d’élan pour courir vers mon tapis. C’est formidable de s’apercevoir qu’on peut se passer de beaucoup de choses et même y découvrir de nouvelles richesses. Cependant, il faut quand même que je reconnaisse que l’endroit où j’étais n’avait rien d’un campement de « Koh Lanta ». C’était propre et la literie était archi confortable. Ceux qui ont l’habitude du camping doivent ricaner en lisant ce paragraphe 😉 soyez tolérants avec la princesse pourrie gâtée qui sommeille en moi, elle est tête à claques mais elle a de bons côtés…

Seva: le service bénévole en conscience

Lorsqu’on participe à ce genre de formations, on doit aussi participer aux corvées collectives. Certains sont assignés à la découpe des légumes avant le petit-déjeuner. D’autres doivent couper du bois, nettoyer les toilettes, mettre la table, servir ou encore faire la vaisselle. On appelle ça le/la “seva” (je ne sais pas si c’est féminin ou masculin?): un service désintéressé qu’on rend à la communauté et qu’on fait en conscience pour soi même. Avec trois autres participants, je me suis retrouvée au “service”. Notre mission était de mettre la table avant chaque repas, puis de servir et de resservir chaque personne avant de nous asseoir et de manger à notre tour. Contrairement aux autres, nous ne pouvions pas nous installer à table à la place de notre choix, nous avons donc pris tous nos repas tous les quatre pendant tout le séjour. J’ai donc tissé un lien particulier avec mes trois compagnons de seva. Avant de servir, on se réunissait pour une très courte méditation afin de se sentir pleinement présent. Il ne s’agissait pas de se débarrasser le plus vite possible de notre tâche (bon, j’avoue que lorsqu’on s’est levé à 5h et qu’il faut attendre pour prendre son petit déj à 9h, on a tendance à expédier le service) mais de mettre de la conscience dans des gestes simples. Cette corvée nous a été attribuée au hasard. Pourtant, encore une fois, elle m’a donné l’occasion de m’interroger sur ma peur du manque et ma précipitation habituelle lorsque je me mets à table. Personne ne meurt affamé en patientant un peu avant la première bouchée. Un travail très instructif.

Ishnan: l’éloge de la douche froide

Au cours de cette formation, on nous a hautement recommandé de prendre une douche froide au réveil. On s’est tous prêté au jeu. Certains courageux sont même allés jusqu’à se tremper dans la rivière qui coulait au pied de nos chambres. Bon, ben, ça, je ne suis pas encore prête 🙂 En revanche, je commence à prendre goût aux effets de la douche froide. Ca fait désormais 15 jours que je suis ce que Yogi Bhajan appelait “l’hydrothérapie”. Pourquoi se doucher à l’eau glacée en sortant du lit? Cette pratique très ancienne recèle de nombreuses vertus. Déjà, comme vous pouvez l’imaginez, ça réveille d’un coup. On passe des sphères les plus élevées du sommeil encore cotonneux à la terre ferme en l’espace d’une minute. Au contact de l’eau glacée, les vaisseaux sanguins se rétractent instantanément, les pores se referment, la peau se tonifie. On peut en faire l’expérience dès la première douche. Dès qu’on sort de l’eau froide et que l’on se sèche, les vaisseaux reprennent leur taille initiale, ce qui va créer un afflux de sang dans tous les organes (enfin si on est resté suffisamment longtemps). Du coup, au lieu d’avoir froid, on a chaud et on se sent rempli d’une énergie nouvelle. Si le sujet vous intéresse, j’ai trouvé un texte de Yogi Bhajan très intéressant qui explique les effets pour chaque organe. Mais comment faire pour supporter le froid au réveil? On m’a recommandé de commencer par masser ma peau (vous pouvez également la brosser avec une brosse type Jentschura ou celle plus douce de The Organic Pharmacy que j’utilise), de la plante du pied jusqu’au cou avec de l’huile végétale (j’utilise les huiles bio de Melvita, en ce moment c’est la macadamia, mais j’aurais pu choisir l’huile d’amande douce ou de l’huile de coco… sélectionnez juste une huile vierge et sans huile essentielle). C’est plus une friction qu’un massage gentillet. La peau est donc un peu plus chaude qu’en sortant du lit et va mieux supporter le froid. Une fois dans la douche, je commence par les pieds et les mains et je remonte le pommeau en prenant soin de ne pas rester sur les cuisses (il parait que ça déminéralise le corps). Surtout, ne passez pas le crâne sous l’eau froide, vous perdriez beaucoup d’énergie, et n’allez pas plus haut que le menton. Si vous êtes seul.e et que vous pouvez crier, n’hésitez pas: ça fait partie du trip. Comme j’ai peur de réveiller ma famille, je me contente de respirer puissamment. Ne coupez surtout pas votre respiration, vous pourriez vous faire mal. Ca a l’air horrible comme ça, mais les vertus sont dingues dès la sortie de la première douche. J’avoue, je ne reste pas encore très longtemps, mais je me félicite déjà de le faire… on verra si j’installe ce rituel à la longue ou pas. On trouve aussi d’autres infos sur ce site en français

Photographie Lili Barbery-Coulon

Boire chaud

Je n’ai jamais bu d’eau froide lorsque j’étais en formation. Le matin, on nous proposait une infusion aux épices avec du lait végétal et un goût légèrement sucré (la cuisinière n’utilisait pas de sucre, je pense qu’il s’agissait d’un peu de sirop d’agave). J’ai une recette similaire dans mon livre. C’est délicieux et très revigorant. Le midi, on avait parfois du rooibos à table, souvent des infusions de gingembre et de citron. Le soir, des infusions de plantes fraîches (sauge, romarin, verveine…). Tout le monde avait apporté un thermos et on remplissait nos gourdes en fin de repas. Je n’ai bu que ça pendant toute la semaine et j’ai remarqué immédiatement les bienfaits. D’abord, le chaud amplifie la sensation de satiété (et comment vous dire, les premiers jours, il valait mieux les amplifier… 🙂 ensuite, il évite la perte en énergie. En effet, quand vous buvez de l’eau froide, votre organisme va dépenser de l’énergie à mettre ce liquide à une température plus élevée (votre sang est à 37 degrés comme vous le savez). Lorsque vous avez mal au ventre, faites l’expérience et buvez uniquement de l’eau à 50 degrés (ma bouilloire de chez Russel Hobbs indique la température de l’eau et il y a de plus en plus de modèles comme celui-ci). J’en parle aussi dans mon livre. Et puis, quand on boit chaud, on boit plus lentement. Pendant des années, j’ai avalé des tonnes de litres d’eau minérale en pensant que je me faisais du bien. On entendait un gros « glou glou » lorsque je prenais la bouteille au goulot. Regardez comment se comportent les asiatiques: ils boivent tout le temps chaud à table ou en dehors des repas mais en petite quantité. Cela évite d’épuiser les reins! Bref, je continue depuis mon retour sur ce rythme et j’ai également arrêté le café et le thé. Personne ne me l’a demandé. Et je ne me dis pas que je n’en boirai plus jamais. Mais pour le moment, je n’en ai pas envie. Alors, je m’écoute. Deux semaines sans et beaucoup plus d’énergie…

Photographie Lili Barbery-Coulon

Moins de sucre plus de légumes

Pendant la semaine, nous avons eu deux desserts en tout seulement. Le premier lors du premier déjeuner: une purée de kiwi. Le second lors du dernier dîner: un crumble. Il était délicieux. Il en restait. Mais personne n’a réussi à en reprendre. On était tous arrivé à notre seuil de satiété. Je me passe très bien de dessert le midi, il est assez rare que j’en prenne car je n’en ressens pas le besoin. Le soir, en revanche, j’ai pris l’habitude de terminer mon repas par une note sucrée. Un fruit. Une boule de glace. Parfois deux. Du chocolat avec ma tisane. Un yaourt au soja nature avec quelques morceaux de fruits frais… Pendant la formation, chaque soir, nous avions uniquement droit à de la soupe qui ressemblait plus à un bouillon qu’à une purée épaisse. Pas d’entrée, pas de dessert. Le premier soir, j’aurais du faire un selfie devant mon bol. Je me suis dit: “Nan mais ces gens sont de grands malades, on va faire beaucoup de sport, il faut qu’on nous donne du pain, un truc en plus, un féculent, un fruit quelque chose!!!”. La vérité c’est que je n’ai jamais eu faim. Et que j’ai adoré me coucher le ventre léger. Partageant ma vie avec un homme qui ne s’alimente pas du tout comme moi et une fille de dix ans qui n’a pas encore une passion pour les légumes, il y a peu de chance que j’arrive à manger de la soupe tous les soirs. Et ce n’est pas mon but. Le programme sur place a été formulé pour détoxifier le foie et nous permettre de pleinement ressentir les effets du yoga et de la méditation. Mais je garde en mémoire qu’un dessert chaque soir n’est qu’un conditionnement et pas un besoin physique et que je peux m’en passer. A présent que j’ai fait l’expérience des bienfaits de la soupe à l’heure du dîner, il y a de fortes chances que je me fasse quelques cures lorsque j’en ressens le besoin.

Photographie Lili Barbery-Coulon

Les vertus de la marche silencieuse

Je vous ai déjà parlé des vertus de la marche en silence dans le post que j’ai consacré à la retraite de yoga kundalini organisé par Caroline Benezet. J’en ai encore fait l’expérience pendant cette semaine de formation. C’est magique. La période de silence à laquelle nous nous sommes soumis était cette fois beaucoup plus longue. Quel repos! Quel bonheur! Vous n’avez pas besoin de partir en retraite ni en formation intense pour y goûter. Si vous avez la chance de vivre ou de passer un weekend loin de la ville, levez-vous tôt un matin et partez marcher en silence. Vous pouvez même jouer à ce jeu avec des amis. Tout le monde doit rester silencieux jusqu’à la fin du déjeuner. Il se passe beaucoup de choses pendant les périodes de silence. On devient plus attentif aux messages du corps. On écoute son souffle. On réfléchit différemment… Et quand les mots reviennent, la parole s’ajuste elle aussi.

Photographie Lili Barbery-Coulon

Quand on pense qu’on n’a plus rien à donner, on peut donner encore plus

Les limites physiques que l’on se fixe sont rarement établies par les messages du corps. La plupart du temps c’est le mental négatif qui prend la parole et qui crie “tu ne vas pas y arriver”, “tu n’es pas assez sporti.f.ve”, “j’en peux plus, j’arrête”, “je ne peux pas”. Ce que j’ai appris durant cette semaine c’est que j’ai beaucoup plus de ressources que je ne l’imaginais! Si on m’avait dit avant de partir que j’allais faire autant en une journée, je ne me serais pas inscrite. Et finalement j’ai tenu. Comme tous les autres d’ailleurs, avec des niveaux et des corps très différents. Avez-vous remarqué, en voyageant dans des pays beaucoup moins riches que ceux situés en Occident, combien ceux qui n’ont rien sont généreux? Mon corps physique qui est capable de beaucoup plus que ce que j’imaginais m’a permis de comprendre que ce ne sont pas seulement mes muscles qui peuvent donner plus. Je continue à méditer en pensant à ce que cela signifie pour moi.

Photographie Lili Barbery-Coulon. Moi après la sadhana du matin, avant le petit-déjeuner

Write it down, let it go

Parmi les exercices que je dois faire pendant 40 jours maintenant que je suis rentrée chez moi, on m’a demandé de tenir un journal. 20 minutes d’écriture automatique par jour. J’ai commencé à noter mes pensées sans les juger lorsque j’étais sur place. Je continue chaque jour depuis. On écrit sans réfléchir, sans intention particulière. C’est un exercice très différent de celui que je pratique en vous écrivant ou en rédigeant des textes pour des marques. Il n’y a pas de volonté d’être lu.e. Au contraire, on peut s’autoriser à écrire toutes les pensées les plus folles qui nous traversent, les colères, les agacements, les ombres en associant librement avec les images qui nous viennent. Petit à petit, on observe les schémas et les répétitions dans lesquels on s’est enfermé. On prend conscience que les différentes scènes de nos vies contiennent souvent les mêmes personnages et qu’on endosse le même rôle again and again and again… En une semaine seulement, j’ai déjà pris conscience de beaucoup de schémas dont je veux sortir. On verra au bout de 40 jours ce que tout ça va donner… Ah oui, j’oubliais: il faut écrire à la main! Pour moi qui tape à l’ordi toute la journée, c’est très très challenging. Mon écriture est devenue illisible au fil du temps et mon poignet me fait mal dès la première minute. Mais l’énergie de la main (une extension du coeur) est essentielle dans cet exercice.

Photographie Lili Barbery-Coulon

Regardez le film Baraka de Ron Fricke

J’ai découvert ce film pendant ma semaine de formation. Il n’est pas récent: il est sorti en 1993. Pourtant, j’y avais totalement échappé. Ce film m’a complètement bouleversée. C’est un film sans parole, sans mot, juste des images. Nous, tous, avons le pouvoir de créer le pire comme le meilleur, à chaque instant. Prenons conscience de cette responsabilité. A chacun de trouver la manière d’honorer l’impact et l’empreinte que nous laissons autour de nous.