La retraite yoga kundalini à Sidi Kaouki
Photographie Lili Barbery-Coulon

La retraite yoga kundalini à Sidi Kaouki

La retraite yoga kundalini à Sidi Kaouki

J’entame ici un cycle « Maroc » sur le blog. En novembre 2017, je suis partie une semaine en retraite yoga kundalini à Sidi Kaouki à côté d’Essaouira au Maroc avec Caroline Benezet. Une semaine qui m’a bouleversée. Retour sur cette expérience métamorphique.

Photographie Lili Barbery-Coulon. La terrasse de l’hôtel Windy Kaouki à Sidi Kaouki

L’infini et moi…

J’étais épuisée en prenant l’avion pour Essaouira. J’avais bossé la veille jusqu’à l’aube et dormi une heure ou deux avant de partir à l’aéroport à 4h30 du matin. Fatiguée et ensevelie sous une montagne de deadlines en tout genre, j’avais besoin de repos intérieur. De distance physique et mentale pour retrouver mon centre. Ma boussole. Celle qui sait toujours parfaitement dans quelle direction me tourner. Pourtant, en route vers l’aéroport d’Orly, je ne savais pas bien à quoi m’attendre. Caroline Benezet, qui organise ces retraites à l’hôtel Windy Kaouki de Sidi Kaouki  (un petit village de surfers à quelques kilomètres d’Essaouira) depuis plusieurs années déjà, avait annoncé la couleur en nommant le programme de la semaine : « Infinity and me ». J’avais lu que nous allions pratiquer chaque matin 2h30 de yoga kundalini et de méditation, 1h30 à 2h de yoga yin chaque soir et qu’une marche silencieuse d’une journée était prévue au cours du séjour. Mais ce menu n’était qu’une liste abstraite dont je ne connaissais pas encore les effets.

Photographie Lili Barbery-Coulon. Ma chambre à l’hôtel Blue Kaouki et le roof top du même hôtel

Une chambre modeste avec vue

En sortant de l’avion, nous avons pris un petit déjeuner tous ensemble et Caroline nous a expliqué le fonctionnement du séjour, les rendez-vous quotidiens, le protocole de silence à respecter (chaque matin, silence obligatoire du réveil jusqu’à la fin du petit-déjeuner) et nous sommes partis nous installer. Je m’étais inscrite tardivement et il n’y avait plus de place à l’hôtel où tout le monde séjournait. Je me suis trouvée une chambre juste à côté, au Blue Kaouki, un hôtel de surfers assez modeste. Pas de confort particulier, mais ma chambre propre avec vue sur l’océan m’a fait l’effet d’un palais toute la semaine. J’ai les larmes aux yeux en pensant à tout ce que j’ai ressenti en m’endormant chaque soir après une journée de pratique. Ecouter le vent et les rouleaux de l’Atlantique se fracasser sur la plage de Sidi Kaouki : quelle chance ! Oui, quelle chance immense de vivre une expérience aussi folle…

Photographie Lili Barbery-Coulon. Toutes les merveilles apportées sur notre autel

Une sensation de colonie de vacances

Après avoir soulagé notre fatigue à grand renfort de poissons grillés et de dépaysement ensoleillé, nous avons rejoint la terrasse au dernier étage du Windy Kaouki où Caroline donne tous les cours de yoga kundalini et de yoga yin. Nous sommes arrivés dans la grande pièce. On venait à peine de se saluer et la plupart d’entre nous ne nous connaissions pas. Il y avait mon amie journaliste Sylvie Chayette, mon amie Odile Chabrillac – naturopathe et auteure du livre Ame de Sorcière. Je connaissais aussi Manon Ergin avec qui j’avais eu l’occasion de travailler un an plus tôt et qui s’est mise au yoga kundalini après avoir lu mes articles sur le sujet. Elle avait embarqué avec elle son amie Alexa Waxman, co-fondatrice de la marque Dessù, qui a commencé le yoga kundalini en même temps que Manon il y a quelques mois. Bon d’accord, j’admets que je connaissais une petite partie des participants. N’empêche que j’ai retrouvé des sensations de colonies de vacances. Vous savez, ce sentiment particulier de la rencontre lorsqu’on sait qu’on va passer beaucoup de temps ensemble pendant une courte période ? Ces instants où l’on ne peut se fier qu’à nos premières impressions pour s’apprivoiser. Caroline nous a demandé de nous asseoir en cercle et de nous présenter les uns après les autres (un homme, en couple avec l’une des participantes, faisait partie du groupe). On a chacun tiré une carte Osho qu’on a gardée toute la semaine. Les cartes Osho délivrent des messages et nous proposent une direction dans laquelle creuser ou nous alertent sur un travail à effectuer (ne pas s’entêter quand l’univers nous envoie des signes clairs, ne pas s’attacher aux choses matérielles, ne pas chercher la reconnaissance à l’extérieur de soi mais de reconnaître sa valeur soi-même…). Ensuite Caroline a mis de la musique et nous a proposé un premier exercice qui m’a complètement tétanisée.

Photographie Lili Barbery-Coulon, la piscine de l’hôtel Windy Kaouki

L’épreuve des hugs

Caroline nous a demandé de marcher dans la pièce au son de la musique – jusque-là, pas de problème – puis de nous prendre dans les bras, les uns après les autres. Pas une accolade pudique. Non, il fallait qu’il y ait un contact physique entre les yeux d’abord puis entre chaque cœur, chaque ventre. Je n’ai rien dit mais j’étais paralysée. En dehors du contact avec mon mari et ma fille, je ne suis pas de nature « tactile ». Lorsque j’étais enceinte, je détestais qu’on s’autorise à toucher mon ventre sans autorisation et je n’aime pas lorsqu’une personne qui ne fait pas partie de mes ami.e.s m’attrape le bras ou la jambe pour me signifier son affection. Je l’ai toujours vécu comme une intrusion. Je ne parle pas de gestes déplacés bien sûr… Quant aux hugs américains, ils m’ont toujours mise extrêmement mal à l’aise. Donc, la perspective de prendre des inconnus dans mes bras dans une salle de yoga, d’accepter de me lover dans les leurs, m’a paru extrêmement difficile. Une fois l’exercice terminé, je pensais qu’on allait enfin passer aux choses « sérieuses », le yoga, mais Caroline nous a demandé de danser librement dans la pièce en occupant l’espace. J’ai pris sur moi mais c’était vraiment bien plus difficile que je le croyais. Je ne me doutais pas que nous allions répéter ce petit rituel des hugs et de la dance chaque soir avant le cours de yoga yin…

Photographie Lili Barbery-Coulon. La carte Osho sur laquelle j’ai médité toute la semaine

La sadhana de l’ère du verseau

Le lendemain matin, nous nous sommes tous levés en silence, nous avons pris une douche (normalement il faut qu’elle soit froide ; le ballon de mon hôtel ayant sauté, j’ai respecté à la lettre les recommandations de cette douche yogique qui lave des énergies de la nuit et remet illico les idées en place 🙂 et nous nous sommes retrouvés à 7h dans la pénombre, la salle de yoga à peine éclairée par quelques bougies. Chaque matin, Caroline a reculé le début de notre pratique d’une demi heure si bien qu’on a terminé la semaine à pratiquer à 5h du matin. Pourquoi si tôt ? A cause de l’inclinaison particulière de la terre par rapport au soleil, un espace silencieux qui agirait comme un portail pour entrer en connexion avec l’Univers. Je n’ai aucune difficulté à me lever tôt et je dois dire que ces pratiques du matin m’ont apporté une joie si démesurée que je ne rêve que d’une chose depuis mon retour de cette retraite : trouver un espace chez moi où chanter sans réveiller mon mari et ma fille pour continuer à pratiquer et à méditer à l’aube. Chaque matin, dans la nuit douce et fraiche de ce bord de mer marocain, chacun prenait place, couvert de pulls et de chaussettes en laine, au son du Japji, une prière Sikh dans laquelle on reconnaît la plupart des mantras chantés en yoga kundalini. Tous parlent de vérité à l’intérieur de soi, de reconnaître l’infiniment grand à l’intérieur de nous-même, de mission de l’âme, de transformer ses peurs en confiance en soi… Chaque matin, Caroline nous a lu une traduction d’un passage. Inutile d’être sikh ou croyant pour se sentir bercé.e par le texte. La vibration du son agit malgré le mental. Ensuite, Caroline nous proposait un kriya (un set de postures de yoga) différent selon les jours comprenant un échauffement puis une pratique plus intense. Une fois le corps physique bien réchauffé par notre agitation (environ une heure de pratique) on s’allongeait quelques minutes pour sceller les énergies avant de passer, toujours en silence, à la méditation : la sadhana de l’ère du verseau. J’ai appris que « sadhana » signifie: le moyen d’accomplir quelque chose. Les yogis emploient ce mot pour parler de la pratique du matin. Celle de « l’ère du verseau » a été mise au point par le Maître Yogi Bhajan (pour rappel : c’est lui qui a lancé le yoga kundalini aux États-Unis à la fin des années 1960) en 1992. Alors là, je ne vais pas me la raconter à vous transmettre des infos que je ne maîtrise absolument pas : je n’ai toujours pas bien compris ce qu’était cette période bénie appelée « the age of aquarius ». Pour moi, ça reste la chanson mythique du film Hair que j’ai chantée toute mon adolescence. Je me rends compte en écrivant cette phrase que j’ai découvert ce film en 1992, je referme la parenthèse. Pour ceux qui croient en l’astrologie, cette période de changements profonds aurait commencé autour de novembre 2011 (d’après ce que je lis, personne n’est vraiment d’accord sur la date précise). Elle augurerait la fin des informations cachées, la fin des secrets, la fin de la domination de l’énergie masculine (énergie qui n’est pas réservée aux hommes) sur l’énergie féminine et expliquerait par exemple la libération actuelle de la parole des femmes, la nouvelle vague féministe mais aussi la surexposition aux informations via Internet… Je vous laisse creuser par vous même si ce sujet passionnant vous intéresse. Conscient du changement de paradigmes en cours, Yogi Bhajan a développé une méditation de l’aube qui contient 7 mantras chantés. On les chante presque tous pendant 7 minutes chacun, assis en tailleur, la colonne bien droite, le menton rentré, les yeux fermés et l’attention portée sur le point entre les sourcils. Evidemment, quand on ne connaît pas le texte, on ouvre les yeux pour le lire. L’un des sept mantras est chanté pendant 22 minutes dans une posture assez inconfortable : on est assis sur une jambe, l’autre est repliée devant soi et les mains sont en prière. Le premier matin, lorsque j’ai lu le programme et que j’ai vu « 22 minutes », je me suis dit que c’était une blague. « Ha ha, impossible de tenir toute la longueur » me suis-je murmurée « Caroline va forcément adapter le menu à notre statut de débutant ». Elle ne plaisantait pas du tout pourtant. On les a chanté nos mantras et sans broncher. On a même fini par les connaître par cœur. Je ne peux pas vous expliquer ce qui se passe pendant cette méditation qui dure un peu plus d’une heure. C’est trop intime. Ce que je peux vous dire est que je suis désormais convaincue que la magie existe et qu’elle est logée à l’intérieur de nous. En me connectant à mes abysses, en me laissant bercer par le son que j’émettais ainsi que le chant des autres participants, j’ai eu accès à une porte que je n’avais jamais franchie. Maintenant que je sais comment l’ouvrir, j’ai le sentiment que plus rien ne sera plus jamais comme avant.

photographie Sylvie Chayette de moi en pleine session de yin yoga, photographie Lili Barbery-Coulon au dessus pendant une méditation

L’éloge du silence

A la fin de chaque sadhana (ou bien pendant la méditation), nous avons assisté au lever du soleil en silence. Inutile d’essayer de parler, on était bien trop à l’intérieur de nous-mêmes pour avoir envie d’échanger. Puis, chaque matin, on descendait pour petit-déjeuner. De la grenade épluchée, des bananes, des dattes, des pommes et des poires (c’est à dire les fruits de saison dans la région d’Essaouira en novembre dernier), du miel, des yaourts et des amandes. De l’eau chaude, du jus de citron, du gingembre. Le tout avalé et dégusté en silence. Moi je parle ou j’écris tout le temps. En dehors de phases de sommeil, je m’arrête très rarement de m’exprimer. Quel repos de se taire ! Caroline Benezet nous laissait reprendre la parole à la toute fin du petit-déjeuner. Evidemment, au bout de quelques jours, avec celles qui sont devenues mes copines, on se faisait quelques signes des yeux pour organiser le reste de notre journée. Les départs en taxi pour Essaouira, les cours de surf pour certaines, les réservations au restaurant La Mouette et Les Dromadaires, l’écriture dans ma chambre pour moi, les balades sur la plage…

Photographie Lili Barbery-Coulon

Perdre le contrôle et lâcher prise

Les repas du midi et du soir n’étant pas compris dans la retraite, chacun.e s’organisait à sa convenance. Des petits groupes se sont formés au cours de la semaine, testant les restaurants de poisson grillé locaux et de légumes ensoleillés, d’autres ont préféré rester dans une solitude choisie (une micro cuisine est à disposition dans les chambres du Windy Kaouki mais personne ne s’en est servi je crois). Caroline ne nous a rien imposé sur le plan alimentaire en dehors du petit déjeuner composé presque exclusivement de fruits frais et secs. Nous avons cependant partagé trois repas végétariens et sans gluten tous ensemble : le premier soir, le dernier et le soir de la grande marche… Cette grande marche silencieuse, je l’avais bien notée dans le programme mais je ne savais pas vraiment ce que cela représentait. Après la sadhana du matin et le petit déjeuner du quatrième jour, Caroline nous a donné rendez vous à 10h sur la plage, armés de crème solaire, d’une bouteille d’eau, de quoi nous couvrir la tête et de chaussures à la fois confortables et faciles à enlever. Elle ne nous a pas dit où nous nous rendions ni combien de temps nous allions marcher. J’avais de la fièvre ce matin-là et je n’avais pas dormi la veille (forcément, quand on vient remuer les ombres enfouies et qu’on les accueille pleinement, il arrive qu’on tombe malade pour mieux ressusciter ensuite). Hors de question de renoncer à cette marche silencieuse. Je n’ai rien dit et j’ai pris sur moi. On avait un œuf dur et quelques fruits embarqués au petit déjeuner dans nos sacs. Interdiction formelle d’utiliser nos téléphones, sauf pour prendre des photos. La veille, on avait tous prévenu nos familles qu’on ne serait pas joignable jusqu’à l’heure du diner le lendemain. Mon mari s’est moqué de moi en disant que ce serait sans doute la partie la plus difficile. C’est au contraire ce qui a été le plus simple à gérer pour moi.

Photographies Lili Barbery-Coulon. Le selfie en haut, je l’ai pris en me disant tu as de la fièvre mais tu l’as fait! you did it!

Marcher sans but précis, droit vers soi

Je ne vous dirai pas où nous sommes allés ni précisément combien d’heures nous avons marché, encore moins quand nous sommes rentrés nous coucher : je ne veux pas trahir l’effet de surprise pour ceux et celles qui seraient tenté.e.s par cette retraite. Je peux en revanche vous parler de mon ressenti au cours de la journée. J’ai l’habitude de tout contrôler. Mon emploi du temps ressemble au mécanisme d’une horloge suisse. Rien n’est laissé au hasard, chaque minute est potentialisée. Ce jour-là, je n’avais aucun contrôle. Sur rien. En prime, Caroline a commencé la marche en nous demandant de nous bander les yeux. On se tenait tous par la main, Caroline en tête. Il fallait suivre le marcheur devant nous en se laissant guider par la pression de sa main, en prenant soin de ne pas faire mal au marcheur derrière nous, en anticipant les mouvements dans l’eau, en distinguant le sable dur du sable mou, en passant d’un pas rapide à un pas lent… J’ai adoré cet exercice. D’ailleurs, Caroline m’a laissé marcher longtemps seule, les yeux bandés. J’avançais droit devant, en me fiant au niveau de l’eau sur mes chevilles. Quel repos. Quand nous avons du nous rechausser, Caroline m’a prévenue d’un geste et j’ai retiré le foulard que j’avais sur les yeux. Les choses se sont corsées lorsque mon estomac a commencé à gargouiller. J’avais envie de faire une pause et de manger, j’étais crevée, la migraine reprenait. Alors je me suis accrochée à chaque petit pas. Un pas, puis un autre. Rien d’autre ne comptait. J’étais au diapason de l’instant. Par moments, je regardais Caroline, notre prof de yoga et je me disais : « Elle est folle de nous faire marcher autant, je ne vais pas tenir, je suis fatiguée, je veux rentrer »… Puis je me remettais à me concentrer sur mon pas. Un petit pas après l’autre. On a fait une longue pause pour « manger ». Certaines, plus indisciplinées que d’autres, avaient embarqué des biscuits Prince avec elles. Je les ai vues de loin, ça m’a fait sourire. Le soleil n’a pas cessé de nous caresser la peau ce jour-là mais ses rayons de novembre étaient doux. Enveloppants. On s’est remis en marche. Pas du tout dans la direction que j’avais imaginée. Encore une fois, j’étais décontenancée, j’avais envie de savoir « Mais on va où ? On s’arrête à quelle heure ? On dîne où ? ». Et tout au long de cette marche, l’océan face à moi, la magie de cet horizon infini qui se déployait sous mes yeux, j’avais l’impression de ne faire qu’un avec l’immensité. Et si, moi aussi, j’étais comme ce grain de sable sous mes pieds ? Indispensable à la beauté de la dune, en harmonie parfaite avec le reste du paysage, connecté aux rayons du soleil, de la lune et des astres. J’ai regardé de loin chaque personne qui marchait en silence devant moi. Eux aussi, grains de sable de cet infiniment grand, de ce paysage sacré, divin. Tous absolument égaux. Tous indispensables à cette splendeur. En moi, je sentais se dissoudre tous les sentiments d’infériorité et de supériorité. Un château de mythologies qui s’écroule gentiment et sans heurt. Sans le groupe, je n’aurais pas pu dépasser ma fièvre et ma fatigue, je me serais arrêtée de marcher. J’étais portée par une force plus grande que la mienne. Une puissance dans laquelle je peux me ressourcer dès que j’en ai besoin. On s’est arrêté juste avant le coucher du soleil pour faire notre séance quotidienne de yoga yin et de méditation. Je ne pouvais plus respirer par le nez et pourtant j’étais transportée par le beau tout autour de moi. Lorsque la dernière lueur du soleil a disparu dans l’océan, Caroline nous a autorisé à reprendre la parole. « Et ben quelle journée ! » s’est écrié avec soulagement le seul homme de notre retraite. Il en avait plein les pattes. On a toutes beaucoup ri avec lui.

Photographies Caroline Benezet

Toi c’est moi, moi c’est toi

Se reconnaître en l’autre, voilà l’un des plus beaux enseignements de cette retraite. « Ong Sohung » dit l’un des mantras que nous chantons dans les cours de yoga kundalini. Il signifie que chacun de nous fait partie de la conscience créatrice de l’univers. Cette semaine au Maroc à me lever à l’aube et à pratiquer avec autant d’intensité au sein de ce petit groupe a renforcé un sentiment d’égalité profonde entre les êtres. Bien sûr, il y a tous les filtres sociaux et culturels qui viennent s’agripper et qu’il faut régulièrement nettoyer, désosser, analyser, reconnaître. A la fin de la semaine, je me suis sentie remplie d’un amour infini. Une source pure, aussi scintillante qu’une mine d’améthystes. Je n’ai d’ailleurs plus aucun mal avec les « hugs » et je peux danser en me lâchant complètement sans craindre le regard de l’autre. Dès que je suis en contact avec cette zone sacrée à l’intérieur de moi, cette partie lumineuse, je suis dans la confiance et les peurs se disloquent. Dès que je m’en éloigne et que je veux la retrouver à l’extérieur, je suis projetée dans une impasse sans issue. Quel que soit le moyen, la thérapie ou la pratique, je vous souhaite de trouver le moyen d’être en connexion avec cet espace qui n’appartient qu’à vous. Ces enseignements m’ont guidée tout au long de l’hiver et continuent à ouvrir mon chemin.

Photographie Lili Barbery-Coulon. Ma sublime prof: Caroline Benezet

Pour qui ? Pour celles et ceux qui s’intéressent au yoga kundalini et qui veulent vraiment avancer sur le plan personnel. Inutile cependant de pratiquer intensément ou d’être un.e pro de ce yoga avant de faire cette retraite, on fait comme on peut et tout le groupe de novembre a suivi sans problème avec des niveaux très différents. Combien ?  870€ la semaine sans le transport en avion, hébergement en chambre double à l’hôtel Windy Kaouki, petit-déjeuner et cours de yoga compris avec Caroline Benezet. Les repas sur place (déjeuner et diner) sont très abordables dans les restaurants de Sidi Kaouki (je vous recommande en particulier la Mouette et les Dromadaires qui a malheureusement beaucoup perdu en charme depuis que le lieu s’est transformé en grand restaurant) et le Kaouki, une auberge très jolie tenue par un couple d’Allemands mais il faut penser à réserver à l’avance pour diner. Quand ? La prochaine retraite est en mai 2018 mais je crois qu’elle est déjà complète, vous pouvez cependant contacter Caroline Benezet pour vous inscrire sur une liste d’attente: info@carolinebenezet.com. La suivante aura lieu en novembre, vous pouvez envoyer un email à Caroline pour recevoir sa newsletter, elle donne des infos sur toutes ses actus régulièrement.  Question confort ? Ne vous attendez pas au grand luxe en partant à Sidi Kaouki. L’hôtel où se déroule la retraite est charmant mais il faut partager sa chambre avec une autre participante (je dis « une » car malheureusement les hommes se font encore trop rares dans ce genre de retraites). Le petit déjeuner le matin est monacal, ça fait partie du concept de la retraite, c’est un peu lassant à la longue mais pas du tout gênant. Je rêve d’y retourner et j’envie celles et ceux qui ont la chance d’être déjà inscrits en mai. Ils vont faire un magnifique voyage vers eux-mêmes…

Merci à Bastien Coulon pour le montage de mes petites vidéos amateur prises sur mon téléphone. Si la musique de cette vidéo vous plait, je vous recommande d’acheter l’album sur Itunes, c’est une merveille pour méditer: Guru Dass, album Namo, morceau: Akhan Jor