Retour sur ma deuxième semaine de formation en kundalini yoga
Photographie Lili Barbery-Coulon

Retour sur ma deuxième semaine de formation en kundalini yoga

Retour sur ma deuxième semaine de formation en kundalini yoga

Je suis rentrée il y a déjà dix jours d’une très longue pause estivale. Je me suis aussitôt remise au travail mais pas comme les autres années. Pas question de saboter ces vacances en une journée de lessives et de mails à traiter. J’avance à mon rythme. Je fais probablement moins qu’en septembre 2017 à la même heure. Je n’ai pas l’impression de stagner pour autant ni de procrastiner. Je travaille mais sans panique ni sentiment d’asphyxie. On verra si j’arrive à tenir ces résolutions prises depuis avril 2018 (voir mon article sur le ralentissement programmé). Je n’arrive plus à me projeter très loin. J’ai des projets et des envies qui se font petit à petit. Pour le reste, je laisse faire et j’observe. Et ça me réussit plutôt bien de ne plus vivre constamment en attendant les prochaines vacances, le mois d’après ou juste les vendredis soirs avec impatience.

Cette vraie coupure a commencé fin juillet lorsque je suis partie dans les Alpes pour ma deuxième semaine de teacher training level 1 en kundalini yoga. Vous avez été très nombreux à me demander les coordonnées de l’école où j’ai entamé cette formation en avril. Pour le moment et tant que je n’aurai pas terminé ce teacher training, je ne souhaite pas communiquer ces informations. Ne m’en voulez pas : je partage la plupart de mes coups de cœur, de mes adresses et beaucoup de morceaux de mon quotidien. J’ai cependant besoin de garder ce lieu rien que pour moi. Du moins, pour l’instant. Cela me permet de me sentir complètement libre de lâcher tous les élastiques sur place. D’autant qu’on y fait bien plus que du yoga et qu’on va très loin en matière de développement personnel. Du coup, qu’est-ce qu’on y fait ?

La vue à la sortie de ma tente. Photographie Lili Barbery-Coulon

Partager sans raconter

Je ne peux pas vous raconter ce que j’ai fait pendant cette deuxième semaine de formation. Je ne l’avais pas fait après ma première semaine de formation. J’étais restée volontairement vague sur le programme. D’abord parce que je ne veux pas gâcher le plaisir de celles et ceux qui iront peut-être se former un jour là-bas. C’est une école qui fait reposer l’enseignement sur des expériences qui s’enchainent avec des effets de surprise qui contribuent à lâcher le mental. Connaître le programme à l’avance diminuerait les bénéfices de ces enseignements. Je crois aussi que ces expériences d’une richesse inouïe doivent être vécues pour être comprises. Sorties de leur contexte, elles pourraient paraître ridicules ou loufoques. Je trouve plus intéressant de partager avec vous les conclusions tirées de ces enseignements.

Photographie odile chabrillac. Moi en train de faire la maligne après une nuit très courte

Se libérer de ses attachements

J’avais pas mal d’appréhensions en quittant Paris fin juillet. Chez Decathlon, la veille de mon départ, alors que je m’entrainais à replier ma tente Quechua injustement nommée « deux secondes », une lampe frontale sur la tête et un maillet dans l’autre main, je n’en menais pas large. L’idée de faire du camping ne me réjouissait pas des masses. Vous le savez si vous avez l’habitude de lire mon blog : j’adore le confort moelleux des literies king size. La dernière fois que j’ai fait du camping, j’avais 16 ans, j’étais dans les Cyclades en camp d’ados option « disco mobile ». Lorsqu’on m’a distribuée un rouleau de papier toilettes recyclé à mon arrivée alors que j’étais assise en tailleur pour dîner dans une gamelle en métal posée entre mes jambes, je me suis mise à rire intérieurement : je me voyais sous cette grande tente où nous avons pris nos repas et fait du yoga pendant sept jours et j’ai observé ma panique. « La blogueuse lifestyle qui découvre le camping à 130, ricanait mon mental. Ben tu fais pas de photo pimp my PQ pour Instagram ??? ». J’ai monté ma tente en « pas deux secondes du tout » dans la nuit, je me suis glissée dans mon sac de couchage prêté par une amie (Merci Nadège), j’ai tenté d’oublier les petites bestioles agglutinées à l’entrée de ma tente ainsi que les voix des yogis allemands commentant leur journée et je me suis endormie pleine d’appréhension sur un matelas pneumatique pas tout à fait gonflé. Très tôt le lendemain, je me suis étalée de tout mon long en voulant aller me laver à la rivière (pas assez de douches pour 130 et la rivière nous était hautement recommandée). J’avais les genoux bien trop râpés pour m’attarder sur les corps nus des autres femmes en train de se rincer dans l’eau glacée. « Rappelle-moi pourquoi t’es venue déjà ? » m’a demandée mon mental. Je n’arrêtais pas de me dire qu’il manquait une caméra cachée pour capturer toutes ces instants de lose. Et puis, le premier cours de yoga de la journée a commencé. C’était si magique, si beau de pratiquer avec tous ces élèves venus du monde entier que mon mental a bien été obligé de se taire. Si vous avez l’habitude de faire du camping, ce paragraphe doit vous paraître ridicule. Rassurez-vous, au bout de 24h, je me moquais pas mal du confort. J’avais déjà changé de fréquence. La partie camping était finalement ce qu’il y avait de plus facile et j’ai vite fait de m’adapter à la situation. J’ai même adoré ça. Évidemment, j’étais contente de reprendre des repas assise à table à l’issu de ma semaine, de retrouver une baignoire, de l’eau chaude et un lit douillet. Mais je sais aussi à présent, que j’ai besoin de peu pour me sentir bien.

Photographie Lili Barbery-Coulon. Le dernier jour, tout le monde a ressorti son portable et on a tous mitraillé pour ne pas oublier le bonheur de ces paysages divins au réveil

Oublier son téléphone portable

Le premier soir on nous a expliqué que cette semaine si particulière était l’occasion idéale de ranger son portable jusqu’à notre retour. De toutes façons, on avait compris qu’en dehors d’une prise à rasoir dans les sanitaires, on n’allait pas réussir à charger nos batteries. Imaginez ma panique. M’en passer dans la journée, pas de problème. Mais ne pas pouvoir communiquer quotidiennement avec mon mari et ma fille, ni prendre de photos de nos journées pour leur envoyer me semblait beaucoup plus difficile. J’ai baissé la lumière de mon écran au minimum, éteint la bête et je l’ai fait tenir huit jours en le rallumant à quelques reprises pour envoyer des sms rassurants à ma famille. Je n’ai pas résisté à un Instagram un matin après une nuit à la belle étoile. Le paysage était dingue, j’ai eu envie de le partager et j’ai éteint mon téléphone aussi sec. On fait ce qu’on peut avec ses addictions ! Cette première étape m’a permis de prendre la décision de couper complètement mon activité sur les réseaux sociaux dans les Cévennes pendant deux semaines en août. Ca n’a l’air de rien mais c’était un très grand pas pour moi. Non seulement ça ne m’a pas manquée mais j’ai même adoré oublier mon téléphone. Et quel temps gagné pour lire, réfléchir, discuter ! Je ne souhaite pas abandonner mon activité sur les réseaux sociaux qui me permettent d’entretenir un lien fort avec vous. Néanmoins, je sais désormais que j’ai besoin de pauses. De vraies pauses franches. D’autant qu’à chaque publication, je reçois de plus en plus de messages privés auxquels j’ai envie de répondre. Du coup, pardonnez-moi par avance mais certaines questions resteront sans doute sans réponses (souvent, j’y ai déjà répondues sur le blog, donc n’hésitez pas à utiliser la barre de recherche en haut à droite, en tapant le mot clé de votre question, comme par exemple « douche froide » ou « kundalini en ligne » si vous vous interrogez sur ces deux thèmes). Je reviendrai probablement sur ce point une fois que j’aurai trouvé l’équilibre qui me convient. Géraldine Dormoy qui travaille pour le site de L’Express Styles et tient le blog Café Mode, a récemment parlé de ses résolutions de rentrée dans sa newsletter. Elle a décidé de ne plus toucher à son téléphone avant d’avoir terminé sa pratique quotidienne (méditation, journaling, petit-déj en famille…). Moi je fais presque pareil depuis avril : je ne checke jamais mes emails au réveil et je n’écoute ni ne lis aucun message sur whatsapp (j’entretiens des correspondances sans fin par messages vocaux interposés avec plusieurs amies). Je publie en revanche une image soit à la fin de ma pratique soit au début. C’est une manière de poser une intention, de partager un enseignement, de me donner du courage ou de booster la motivation de celles et ceux qui se sont mis à se lever tôt en même temps que moi ces derniers mois. Pas de téléphone à table pendant le petit-déj ni à l’heure du dîner en famille mais il m’arrive de prendre une photo de ma table afin de la publier plus tard. Je suis loin d’avoir trouvé l’équilibre mais je vois que je progresse car avant le mois d’avril, je commençais chacune de mes journées par une bonne demi-heure – voire deux heures pleines – de mails et de messages sur les réseaux sociaux… Je vais tenter d’appliquer la méthode de Géraldine à la lettre chaque matin, j’y suis presque et je m’en sens capable.

Et si vous alliez serrer un arbre dans vos bras ce weekend? Photographie Lili Barbery-Coulon

devenir l’observateur de soi-même

Pendant toute cette semaine où j’ai repoussé mes limites bien plus loin que je n’avais jamais osé l’imaginer, je me suis exercée sans cesse à observer. Observer sans juger mes pensées, mon état émotionnel et physique. Cette posture d’observateur est celle qu’on cherche à avoir lorsqu’on pratique la méditation en pleine conscience. On me demande souvent comment je fais pour « ne plus penser à rien ». L’idée n’est pas de s’empêcher d’avoir des pensées, mais juste de muscler sa capacité d’observateur. L’observateur reste au bord de la route et regarde les pensées rouler comme des bolides en marche. Certaines vont à vive allure, d’autres sont plus lentes. L’observateur ne monte pas dans la voiture. Il la regarde. Il se détache d’elle car elle ne représente pas qui il est. Il sait bien qu’il y a plein d’autres voitures qui vont passer et venir. On peut décliner cette image avec le ciel bleu et les nuages. Vous avez vu à quelle vitesse le ciel change quand on le regarde attentivement ? Observer ça ne veut pas dire forcer le bonheur, le calme ou la zénitude. C’est une erreur de croire que le yoga ou la méditation vont évacuer les sensations et les sentiments désagréables. Ces techniques permettent juste de se mettre à distance de ce qui est impermanent et de se connecter à une dimension plus profonde. Tenir un journal aide véritablement à mettre également de la distance avec ses pensées et ses petits tracas quotidiens. Les petits ou les grands d’ailleurs. J’en ai déjà parlé dans cet article mais je le redis : écrire est aussi bénéfique que de faire du yoga. On se met à observer nos comportements, nos schémas, ce qui nous enferme et on résout tout parce qu’on le voit brusquement comme le nez au milieu de la figure. Et, ça ne coûte rien !

Photographie Lili Barbery-Coulon. En regardant ces images, je réalise encore une fois combien j’ai de la chance d’avoir vécu cette semaine inoubliable

Parler aux étoiles, écouter les rivières, serrer les arbres dans ses bras

On croirait une chanson de Céline Dion… je sais. Tant pis, je prends le risque d’enfoncer des portes ouvertes. « Yoga » signifie union. L’union avec sa conscience supérieure. L’union avec les autres êtres humains qui ne sont que des reflets de nous-mêmes. L’union avec l’univers tout entier. Il existe de nombreuses techniques pour aller dans la direction de cette harmonie rêvée. Mais j’ai trop longtemps sous-estimé le pouvoir de la nature dans ma quête. En grandissant en ville, en foulant le bitume plus souvent que la terre fraiche avec mes pieds nus, en serrant dans mes mains des barres en fer dans des wagons de métro plutôt que les branches d’un arbre, j’ai fini par oublier cette évidence : la nature concentre tous les enseignements dont nous avons besoin pour être au diapason de notre soi supérieur. Allez marcher les pieds nus sur l’herbe avant qu’il ne fasse trop froid pour le faire, partez en randonnée à la montagne pour aller voir les cimes et vous rapprocher du ciel, baignez-vous nu.e.s dans une rivière (dans les Cévennes comme en Corse, tous les touristes sont partis et l’eau est encore chaude, il faut en profiter), grimpez en haut d’un arbre et serrez-le dans vos bras, dormez à la belle étoile un soir de pleine lune, laissez-vous tremper jusqu’aux os par une pluie battante, faites une veillée devant un feu de bois. On vous prendra sans doute pour un.e dingue. Laissez donc ces jugements de côté (vous n’êtes d’ailleurs pas obligé.s de raconter vos folles expériences en pleine nature), ils ne concernent que ceux qui les émettent. La terre, l’eau, le feu, l’air et l’éther (l’espace) sont des éléments constitutifs de notre corps physique. Savez-vous par exemple que notre corps contient de la poussière d’étoile ? Avez-vous remarqué le feu qui vous monte aux joues lorsque vous êtes en colère ? L’effet de la lune sur tous les liquides présents sur terre, des grandes marées jusqu’au cycle féminin calqué sur le même rythme ? Pourquoi les arbres dont l’énergie s’enracine dans le sol et s’élève vers le ciel ne pourraient-ils pas communiquer de manière subtile avec nous ? Si on prend le temps de les écouter, je vous assure qu’ils diffusent des ondes aussi apaisantes qu’un massage aux pierres chaudes. Et tant pis si j’ai l’air d’une fille haut perchée en écrivant tout ça. J’assume.

Photographie Odile Chabrillac. Encore un très joli souvenir…

Accueillir, accepter, traverser

Cet été, j’ai lu Le Lambeau de Philippe Lançon (Editions Gallimard) que je ne peux que vous recommander. Ce journaliste était dans la salle de conférence de Charlie Hebdo lorsque les terroristes sont entrés pour assassiner la rédaction en janvier 2015. Il a miraculeusement survécu mais il a été défiguré par les balles qui ont traversé sa mâchoire. Il raconte dans ce livre les mois de reconstruction chirurgicale qui ont suivi l’attaque, sans apitoiement ni pathos. A travers des œuvres – des lectures, des tableaux, des photographies – qu’il redécouvre après l’attentat, il tente de se souvenir de celui qu’il était avant, de faire le deuil de cette vie passée ainsi que des hommes qui sont morts à côté de lui et de comprendre celui qu’il devient à l’instant présent. Ce livre est prodigieux. En plus de vous interroger en profondeur sur le sens de l’existence, il offre une matière sensible à « l’accueil de la douleur ». Philippe Lançon décrit parfaitement ce qui se déroule dans sa chair, dans les lambeaux de cette plaie suintante, dans sa gorge fissurée par les tuyaux, sous son pansement humide. Il traverse chaque épreuve en accueillant la souffrance physique. Ces passages sont sacrés car ils nous permettent de comprendre ce qui se joue au sommet de la douleur, lorsqu’on a la sensation qu’elle va nous broyer et nous pulvériser en mille morceaux. Aucune chance d’aller mieux en résistant. Plus les poings sont serrés, plus la douleur est forte. C’est une illustration éloquente de ce qui nous est proposé lorsqu’on est face à une épreuve, qu’elle soit d’ordre physique ou émotionnel. Or, dans les Alpes où j’étais, et dans les expériences que l’on m’a proposées où je suis allée bien au-delà de mes propres limites, j’ai compris dans mon corps ce que cela signifiait, en toute humilité, bien sûr. N’allez pas croire que je compare l’abominable horreur d’un attentat avec une semaine choisie de formation à l’enseignement du yoga ! Néanmoins, la vie est semée d’épreuves qui peuvent paraître insurmontables au moment où on est y est confronté: les deuils, la maladie, les secrets de famille, la violence, les douleurs physiques parfois, le désespoir et j’en passe. Sans avoir vécu une attaque à main armée, on a tous expérimenté une fois cette impression qu’il est impossible de survivre à un chagrin ou tout simplement d’aller mieux. Dans les Alpes, j’ai entendu souvent un message vertueux résonner dans ma tête : « accueille, accepte ce qui est, traverse ». Avez-vous par exemple déjà essayé de vous introduire à l’intérieur de chaque interstice d’un frisson lorsque vous avez froid ? Plutôt que de se contracter et de se mettre à grelotter (si l’on n’a pas de quoi se couvrir), pourquoi ne pas essayer de s’attarder à observer le frisson? Comment il prend forme, comment il se manifeste, sentir chaque poil des bras se dresser, respirer dans cette sensation… Je vous assure qu’au bout de quelques secondes, un miracle se passe : on a moins froid. Véridique ! Quant à « accepter ce qui est », c’est vraiment devenu mon ancre. C’est facile quand tout va bien. Beaucoup plus difficile quand les choses ne tournent pas comme on l’avait espéré. C’est pourtant dans ces moments que l’acceptation est capitale. Tout est parfait. Toujours. Car il y a toujours un enseignement et l’opportunité de se rapprocher de ce que l’on est vraiment.

Photographie Lili Barbery-Coulon

Je suis pardonné.e, tout est pardonné

J’ai pris conscience au cours de cette semaine que le syndrome de la bonne élève qui cherche à plaire à ses parents était loin de m’avoir quitté. Je ressens encore le besoin parfois, en cours de yoga, d’ouvrir les yeux lorsque je n’en peux plus, pour vérifier où les autres en sont. Je me compare et donc je me juge. Il m’arrive parfois de ressentir de la fierté à avoir réussi à tenir un mouvement que je ne pensais pas pouvoir faire. Or, la fierté n’est que le revers de la médaille de la honte. Les deux fonctionnent ensemble. Là, encore je suis dans le jugement de moi-même. Le yoga, ça n’est pas ça. On s’en fout de savoir si vos bras sont suffisamment hauts ou si vous savez faire le grand écart. Ce qui compte c’est : quel enseignement suis-je en train de recevoir ? quels sont les messages envoyés par mon corps ? ai-je gardé ma position d’observateur ou suis-je montée dans la voiture de mon mental ? Un soir, j’ai eu beaucoup de mal à aller au bout d’un exercice très intense (physiquement et émotionnellement) qui s’est déroulé en quatre étapes. A chaque étape, j’avais la possibilité d’en sortir et de rentrer me coucher mais avant même de commencer, mon objectif était d’aller jusqu’au bout. A la fin de la deuxième étape, j’ai pourtant du me résoudre à arrêter. C’était trop dur. Je suis sortie et lorsque je me suis retrouvée seule, j’ai sangloté. Je me sentais nulle de ne pas avoir « réussi » à aller jusqu’au bout. J’ai même rallumé mon portable pour écrire à mon mari : « J’ai raté ». J’étais redevenue une petite fille qui implore l’amour et la reconnaissance de ses parents. Le lendemain matin, j’étais furieuse contre moi-même et encore plus contre ceux qui étaient allés jusqu’au bout. Je les jalousais. J’en avais ras le bol de les entendre raconter à quel point ça avait été génial à la fin puisque je ne l’avais pas vécu. Je n’étais plus capable de voir que tout était sous mes yeux et que l’enseignement était à ma portée si je souhaitais le recevoir. Il fallait juste accueillir mon chagrin, ma honte, l’accepter et comprendre ce qu’il avait à dire de moi et de la manière dont je continue à me juger. C’est difficile pour moi de partager tout ça, j’ai l’impression de me mettre complètement à nu. Mais je suis convaincue que cela peut résonner chez certain.e.s. Il m’a fallu une journée et deux nuits de silence imposé pour enfin récolter ce qui avait été semé et comprendre les messages. Au lieu de m’en vouloir de me juger encore et toujours, je me suis murmurée : « je suis pardonnée, tout est pardonné« . A chaque fois que vous remarquez que vous êtes en train de juger une personne de votre entourage, un inconnu dans la rue ou vous-même, arrêtez-vous, respirez et répétez-vous mentalement : je suis pardonné.e, tout est pardonné. C’est une formule magique.

Dessiner le contour de ses peurs pour s’en libérer

Savez-vous ce qui vous fait le plus peur au monde ? En êtes-vous conscient.e.s ? Avez-vous déjà ouvert le placard de votre enfance, celui que l’on fermait à double tour pour éviter de voir surgir les monstres ? Des années à décortiquer mes angoisses et mes peurs intimes chez un psychanalyste puis chez une thérapeute diplômée en EMDR et pourtant, je me suis aperçue cette semaine-là que je ne connaissais pas mes peurs. Pas seulement les miennes, mais celles dont j’ai héritées sur un plan familial et collectif. Or, collectivement, ces dernières décennies ont été bien chargées, non ? Dans les Alpes, certains exercices de respiration et de yoga très intensifs m’ont permis d’accéder à ces zones d’ombres que je n’avais jamais connectées. Et maintenant quand j’y repense, j’ai déjà beaucoup moins peur, un peu comme quand on a déjà vu un film d’horreur. La deuxième fois, c’est beaucoup moins effrayant. La troisième, on finit même par rigoler. La quatrième, on se demande même comment on a pu avoir le moindre frisson. Et bien moi qui pensais être plutôt confiante, j’ai découvert un paquet de peurs collées à mes os. Je suis tout en bas de la montagne, mais maintenant, je sais dans quelle direction marcher pour me libérer de ces démons. Et vous savez quoi : je ne me suis jamais sentie aussi légère !